COP27 Sharm el-Sheikh COP27 – Sharm el‑Sheikh
COP27 Sharm el-Sheikh

COP27 : Adaptation, pertes & dommages et diplomatie sous contrainte énergétique

    Institut Européen des Sciences du Développement (IESD) – Paris
    Négociations techniques et politiques à la COP27
    La COP27 à Charm el-Cheikh : adaptation, financement et gouvernance des pertes et dommages.

    La COP27, organisée à Charm el-Cheikh en 2022, se déroule dans un contexte géopolitique et économique particulièrement tendu : crise énergétique mondiale, flambée des prix alimentaires, niveau record d’endettement public dans de nombreux pays du Sud, fragilisation des chaînes d’approvisionnement mondiales et multiplication d’événements climatiques extrêmes (inondations historiques au Pakistan, sécheresses prolongées en Afrique de l’Est, vagues de chaleur répétées, cyclones plus intenses dans l’océan Indien).

    À ces tensions s’ajoute une pression croissante sur le multilatéralisme climatique : rivalités géopolitiques entre grandes puissances, tensions sur les marchés du gaz et du pétrole, fragmentation des alliances diplomatiques et défiance accrue envers les institutions financières internationales. Dans ce climat d’incertitude, la COP27 devait convaincre qu’il est encore possible de traduire les engagements climatiques en actions concrètes.

    C’est pourquoi elle a été présentée comme la « COP de la mise en œuvre ». Pour les pays les moins avancés (PMA) et les petits États insulaires en développement (PEID), l’enjeu était crucial : non seulement obtenir des ressources nouvelles et prévisibles pour l’adaptation, mais également faire reconnaître la nécessité d’un mécanisme de financement des pertes et dommages, c’est-à-dire des impacts climatiques irréversibles qui dépassent déjà les capacités d’adaptation locales.

    Malgré des négociations longues et souvent tendues, la conférence aboutit à une décision historique : la création d’un Fonds « Pertes et dommages », réclamé depuis près de trente ans par les pays vulnérables. Cette avancée marque une reconnaissance politique majeure du principe de justice climatique. Elle ouvre aussi un chantier technique ambitieux : définir la gouvernance du fonds, ses critères d’accès, les sources potentielles de financement et les modalités de soutien aux pays les plus exposés.

    Cette décision ne résout pas les tensions structurelles du régime climatique, mais elle constitue un tournant symbolique et stratégique qui influence directement les trajectoires de négociations vers la COP28 et la COP29.

    Ils ont dit : Une sélection de prises de parole qui ont marqué la COP27 à Charm el-Cheikh.

    Portrait de Sameh Shoukry, président de la COP27

    Sameh Shoukry

    Président de la COP27 — République arabe d’Égypte

    « La COP27 doit être la COP de la mise en œuvre : les pays vulnérables ne peuvent plus attendre que les promesses se traduisent en projets concrets et financés. »

    Contexte : session plénière d’ouverture de la conférence.

    Portrait d’Amina J. Mohammed, vice-secrétaire générale de l’ONU

    Amina J. Mohammed

    Vice-secrétaire générale des Nations Unies

    « La crise climatique est également une crise de confiance. Sans une trajectoire claire sur les financements promis, l’Agenda 2030 restera une liste de bonnes intentions. »

    Contexte : débat de haut niveau sur l’alignement entre climat et Objectifs de développement durable.

    Portrait de Sherry Rehman, ministre pakistanaise du Changement climatique

    Sherry Rehman

    Ministre du Changement climatique — Pakistan

    « Pour des pays comme le Pakistan, les pertes et dommages ne sont pas un slogan diplomatique : ce sont des villes inondées, des millions de déplacés et des budgets nationaux déjà épuisés. La COP27 devait reconnaître cette réalité et y répondre par un véritable mécanisme de solidarité. »

    Contexte : négociations sur la création du Fonds pour pertes et dommages à la COP27.

    Portrait d’un représentant de la société civile africaine

    Mohamed Adow

    Directeur de Power Shift Africa — Kenya

    « L’Afrique n’est pas seulement une victime de la crise climatique, elle peut être un leader de la transition énergétique. Mais cela suppose des transferts réels de technologies et de financements, pas uniquement des communiqués de presse. »

    Contexte : événement parallèle sur les énergies renouvelables en Afrique.

    1. Architecture politique et diplomatique de la COP27

    1.1. Dynamiques de pouvoir et lignes de fracture

    Salle de négociation à la COP27
    Débats institutionnels au cœur des négociations de Charm el-Cheikh.

    Les négociations de la COP27 mettent en lumière un régime climatique international travaillé par plusieurs lignées de fracture structurelles. Trois dynamiques méritent une attention particulière pour les travaux de l’IESD.

    • Montée en puissance diplomatique des PMA : portés par des coalitions comme le groupe des PMA, l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS) ou le Climate Vulnerable Forum, les pays les plus exposés aux chocs climatiques ont fait des pertes et dommages un marqueur central de la justice climatique. Leur stratégie consiste à lier les discussions sur les dommages irréversibles à la question de la responsabilité historique des émetteurs.
    • Fragmentation interne du G77+Chine : au sein du bloc historique des pays en développement, les intérêts des grands émergents (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, pays du Golfe) divergent de plus en plus de ceux des PMA. Les premiers sont soucieux de préserver de larges marges de manœuvre pour leur industrialisation bas-carbone, tandis que les seconds prioritent l’accès à des financements concessionnels et à l’aide d’urgence pour faire face aux chocs climatiques.
    • Recomposition du pouvoir des États producteurs d’hydrocarbures : la crise énergétique mondiale liée à la guerre en Ukraine renforce la position des grands exportateurs de pétrole et de gaz. Ceux-ci plaident pour un rôle accru du gaz fossile comme « énergie de transition ». Cette dynamique limite la possibilité d’obtenir à Charm el-Cheikh une formulation forte sur la sortie des combustibles fossiles, pourtant demandée par de nombreux pays vulnérables et par la société civile.

    Pour les chercheurs et décideurs associés à l’IESD, la COP27 apparaît ainsi comme un laboratoire de l’évolution du multilatéralisme climatique : un système où les alliances se font et se défont autour de quelques lignes rouges : le financement, les fossiles et la responsabilité des pays historiquement émetteurs.

    2. Adaptation et finance : des avancées contrastées

    2.1. Un fossé croissant entre besoins et financements

    Adaptation climatique dans un pays vulnérable
    Besoin croissant de financements dédiés à l’adaptation dans les zones vulnérables.

    Les rapports présentés à la COP27 confirment que les besoins de financement de l’adaptation dans les pays en développement pourraient être multipliés par cinq d’ici 2030, notamment pour les secteurs de l’eau, de l’agriculture, des infrastructures et de la santé. À mesure que les impacts climatiques s’intensifient, l’adaptation devient un pilier central de la stabilité macroéconomique, sanitaire et sociale. Pourtant, les flux effectifs d’adaptation stagnent et demeurent largement en deçà des estimations du PNUE et des banques de développement.

    Un second problème majeur ressort des analyses : non seulement les financements sont insuffisants, mais ils se caractérisent par une forte volatilité et une complexité d’accès qui pénalise les pays les plus vulnérables. Une part importante des flux affectés à l’adaptation prend la forme de prêts, parfois non concessionnels, aggravant une dette publique déjà critique dans de nombreux PMA. De plus, les procédures pour accéder aux fonds internationaux (FVC, Fonds d’adaptation, guichets multilatéraux) demeurent lourdes, techniques et rarement alignées sur les capacités administratives réelles des pays les moins avancés.

    Pour les PMA, l’enjeu ne se limite donc pas à des montants globaux : il s’agit de disposer de financements prévisibles, à long terme et à faible coût, compatibles avec leurs capacités institutionnelles et budgétaires. Le financement de l’adaptation suppose également la mise en place d’un cadre national de planification robuste : systèmes d’alerte précoce, gestion intégrée des risques, stratégies agricoles résilientes, infrastructures adaptées aux événements extrêmes.

    Sans un renforcement massif des institutions publiques, des systèmes de planification et des capacités de suivi-évaluation, les projets d’adaptation risquent de se réduire à des interventions ponctuelles, déconnectées des réalités structurelles. Une adaptation durable exige au contraire des investissements programmatiques, une vision à long terme, des capacités renforcées et un financement qui soutienne la résilience systémique plutôt que des réponses isolées.

    2.2. Vers une évaluation qualitative et systémique de la finance climat

    Réunions sur la finance climat à la COP27
    Discussions techniques sur la qualité et la structure de la finance climat.

    La COP27 renforce un consensus naissant : il ne suffit plus de comptabiliser le montant global de la finance climat. Il faut désormais évaluer sa qualité, son additionnalité réelle et son impact macroéconomique sur les pays bénéficiaires. De nombreux pays vulnérables signalent que la part croissante des prêts – y compris dans les flux labellisés « climat » – contribue à une spirale d’endettement qui limite leur capacité à investir durablement dans l’adaptation, la transition énergétique et les politiques sociales essentielles.

    À cela s’ajoute un autre défi : la difficulté à tracer avec précision l’usage réel de ces financements. Une proportion importante de la finance climat déclarée correspond à des projets ayant un faible contenu climatique ou reposant sur des méthodologies de comptabilisation hétérogènes entre bailleurs. Cette hétérogénéité crée une opacité structurelle, qui complique l’analyse, le suivi et l’évaluation par les pays du Sud.

    Pour l’IESD, cela ouvre plusieurs chantiers analytiques majeurs :

    • Décomposer finement les flux climat en dons, prêts concessionnels, prêts non concessionnels, garanties, assistance technique et capitaux privés mobilisés.
    • Évaluer les effets de ces instruments sur la soutenabilité de la dette à moyen terme, en particulier dans les PMA.
    • Identifier les conditions dans lesquelles les dispositifs innovants (blended finance, obligations vertes, fonds thématiques) peuvent vraiment bénéficier aux pays les plus vulnérables, et non uniquement aux émergents à revenu intermédiaire.
    • Développer des méthodologies pour mesurer la valeur transformative de la finance climat (gouvernance, renforcement institutionnel, impacts sociaux, résilience systémique).

    La COP27 ne répond pas directement à ces questions, mais elle fournit un mandat politique clair pour les approfondir. Les discussions postérieures à la conférence, puis celles de la COP28 et de la COP29, devront transformer ce consensus en mécanismes opérationnels capables de faire de la finance climat un levier de résilience, et non un facteur supplémentaire de vulnérabilité économique.

    3. Pertes & dommages : une victoire historique mais conditionnelle

    3.1. Du symbole à la mise en œuvre opérationnelle

    Pays vulnérables face aux catastrophes climatiques
    Les pays les plus vulnérables en première ligne des pertes et dommages.

    La décision de créer un Fonds « Pertes et dommages » est souvent présentée comme la conquête emblématique de la COP27. Elle répond à une revendication ancienne des pays vulnérables : reconnaître qu’au-delà de l’adaptation, certains impacts climatiques entraînent des pertes irréversibles (vies humaines, territoires, cultures, biodiversité) qui exigent des réponses spécifiques en termes de solidarité internationale. Il s’agit aussi d’un tournant conceptuel majeur : le régime climatique reconnaît l’existence d’une zone d’impacts au-delà des capacités d’adaptation classiques.

    Cependant, cette victoire reste essentiellement politique et symbolique à ce stade. Les modalités essentielles de fonctionnement du fonds sont renvoyées à des travaux techniques ultérieurs : composition du conseil, rôle des institutions existantes (Fonds vert pour le climat, Banque mondiale, banques régionales), critères d’éligibilité des pays et des projets, nature des contributions (volontaires ou obligatoires, basées sur la responsabilité historique ou non). S’ajoute à cela l’incertitude sur les ressources réellement mobilisables.

    Pour les PMA, deux enjeux seront déterminants dans la phase de mise en œuvre :

    • Garantir une représentation équilibrée au sein de la gouvernance du fonds, afin que leurs besoins spécifiques ne soient pas dilués dans un agenda général de gestion des risques.
    • Éviter que le fonds ne soit alimenté principalement par des prêts ou par des redéploiements de financements déjà comptabilisés comme « climat », ce qui reviendrait à un simple exercice de requalification comptable sans apport net.

    La COP27 ouvre ainsi un cycle de négociation institutionnelle qui se prolongera jusqu’à la COP28 puis la COP29, où seront précisés la gouvernance, les critères d’accès, les mécanismes de contribution et les premiers projets pilotes du fonds. Le succès de ce dispositif dépendra de sa capacité à fournir un soutien rapide, équitable et réellement additionnel aux communautés les plus touchées.

    4. Synthèse : la COP27 comme précurseur des fractures de la COP28 et de la COP29

    Pour l’IESD, la COP27 constitue une étape charnière dans le continuum de négociation qui mène à Dubaï (COP28) puis à Bakou (COP29). Elle préfigure plusieurs lignes de tension qui seront reprises et approfondies dans ces conférences.

    • La polarisation croissante sur les énergies fossiles, dont la sortie progressive devient un sujet de confrontation directe entre pays producteurs, grands émergents et pays vulnérables.
    • La centralité de la dette climatique et de la qualité de la finance climat, qui conditionnent la capacité réelle des PMA à investir dans l’adaptation et la transition.
    • La divergence des trajectoires entre PMA et pays émergents, dont les intérêts stratégiques ne se recoupent plus automatiquement au sein du G77+Chine.
    • L’explosion des besoins en résilience systémique : protection sociale adaptative, systèmes de santé résilients, gestion des risques de catastrophe, politiques urbaines et rurales intégrant le climat.

    En ce sens, la COP27 ne doit pas être analysée isolément, mais comme la première brique d’une séquence COP27–COP28–COP29 centrée sur l’adaptation, les pertes et dommages, la réforme de la finance climat et la place des combustibles fossiles dans l’ordre énergétique mondial. Ce continuum offre un cadre de travail stratégique pour les chercheurs seniors, les jeunes chercheurs et les décideurs associés à l’IESD.

    Lexique

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    Terme Définition
    Justice climatique Approche reconnaissant que les populations les moins responsables du changement climatique subissent pourtant les impacts les plus graves. Elle exige une redistribution équitable des financements, une reconnaissance des responsabilités historiques et une gouvernance inclusive intégrant les besoins spécifiques des PMA et PEID.
    Dette climatique Concept selon lequel les pays historiquement émetteurs ont une responsabilité financière et morale envers les pays vulnérables. La dette climatique renvoie à l'obligation de compenser les dommages, financer l’adaptation et soutenir une transition équitable pour les régions les plus touchées.
    Coalitions diplomatiques Sud–Sud Groupements de pays en développement (PMA, PEID, G77+Chine) visant à défendre des positions communes lors des négociations climatiques. Elles jouent un rôle essentiel pour faire avancer des sujets comme l’adaptation, la finance climat et les pertes et dommages.
    Multilatéralisme climatique Système international où les décisions sur le climat sont prises collectivement au sein d’instances comme la CCNUCC. Il repose sur la coopération, l’action coordonnée et la négociation entre pays aux intérêts divergents.
    Responsabilité historique Principe qui reconnaît que les pays industrialisés, ayant émis la majorité des gaz à effet de serre depuis 1850, doivent prendre l’essentiel des efforts de réduction et financer l’action climatique dans les pays vulnérables.
    Énergie de transition Utilisation temporaire de sources énergétiques à plus faible intensité carbone (ex. : gaz naturel) afin d’accélérer la sortie progressive du charbon et du pétrole. Sujet très contesté à la COP27 en raison des pressions géopolitiques.
    Perte et dommages Impacts climatiques irréversibles (culture, terres, santé, identité) que l’adaptation ou l’atténuation ne peuvent empêcher. La COP27 marque un tournant avec l’adoption historique du fonds consacré à ces enjeux.
    Fonds Pertes et dommages Mécanisme financier créé à la COP27 pour soutenir les pays vulnérables confrontés aux dommages irréversibles. Il doit financer la reconstruction, la résilience communautaire et la réponse d’urgence post-catastrophe.
    Résilience systémique Capacité d’un pays à absorber les chocs climatiques tout en maintenant ses fonctions essentielles (santé, agriculture, protection sociale). Elle nécessite des infrastructures robustes, une gouvernance adaptative et une planification à long terme.
    Adaptation communautaire Approche centrée sur les besoins des communautés locales, fondée sur leurs savoirs traditionnels, leurs vulnérabilités spécifiques et leur capacité d’auto-organisation. Elle vise à réduire les risques climatiques au niveau local.
    Fragmentation du G77+Chine Division croissante au sein du groupe des pays en développement : les grands émergents veulent conserver leurs marges industrielles, tandis que les PMA exigent finance climat et justice. Cette fracture a influencé directement la COP27.
    Sortie progressive des combustibles fossiles Processus visant à réduire puis éliminer l’usage du charbon, du pétrole et du gaz. Sujet central mais hautement conflictuel à la COP27 en raison des intérêts des pays producteurs d’hydrocarbures et des tensions énergétiques mondiales.

    Ressources officielles et approfondissements

    Pour prolonger l’analyse de la COP27 et approfondir les enjeux liés à l’adaptation, à la finance climat et au Fonds « Pertes et dommages », le chercheur pourra mobiliser les ressources suivantes :

    Source Type Utilité pour la recherche Lien
    CCNUCC / UNFCCC – Portail COP27 ONU – page COP Textes officiels, décisions, documents de session et détails sur le Fonds Pertes et dommages. unfccc.int/cop27
    GIEC / IPCC Organe scientifique Rapports d’évaluation, scénarios d’émissions, budgets carbone et base scientifique des négociations. ipcc.ch
    Fonds Vert pour le Climat (FVC) Mécanisme financier Projets, guichets d’accès direct, décisions du Conseil et financements pour l’adaptation dans les PMA. greenclimate.fund
    PNUD / UNDP Programme des Nations unies ODD, résilience, soutien institutionnel et instruments de finance climat pour les pays vulnérables. undp.org
    IISD – Earth Negotiations Bulletin Observateur onusien Comptes rendus quotidiens, analyses indépendantes des négociations et chronologie détaillée de la COP27. enb.iisd.org

    Coulisses & moments inattendus de la COP27

    Caricature humoristique de négociateurs à la COP27 à Sharm El-Sheikh
    Un clin d’œil humoristique pour détendre l’ambiance au bord de la mer Rouge, sans rien enlever au sérieux des discussions.

    La COP27, tenue à Sharm el-Sheikh, a été marquée par des moments intenses, souvent invisibles dans les rapports officiels. Entre discussions improvisées, crises de dernière minute et épisodes inattendus, ces coulisses révèlent la réalité des négociations internationales sur le climat.

    Ces scènes informelles ont parfois eu un impact décisif sur la façon dont s’est structuré le compromis final, notamment sur le Fonds « Pertes et dommages » et les questions de justice climatique.

    Une alerte météo qui fait basculer une discussion

    En pleine session sur le Fonds « Pertes et dommages », une alerte météo annonçant des inondations dans un PMA présent a fait réagir toute la salle. Les visages se sont figés, rappelant brutalement l’urgence. Cette annonce a modifié le ton de la discussion, jusque-là très technique.

    L’épisode a renforcé la pression morale en faveur de la création du fonds historique adopté à la fin de la COP27.

    Quand une pause thé sauve une séance bloquée

    Lors d’un groupe de travail sur la finance climat, la tension était telle que les délégations ne parvenaient plus à avancer sur une définition commune du financement "nouveau et supplémentaire". Après 40 minutes d’impasse, un délégué d’un PMA a proposé spontanément une courte pause autour d’un plateau de thé égyptien offert par l’équipe locale.

    Cette pause improvisée a permis de relancer le dialogue et d’obtenir, une heure plus tard, une formulation acceptable pour toutes les parties.

    Une coupure d’Internet qui rassemble les délégations

    Une brève coupure d’Internet a interrompu la consultation de documents techniques essentiels. Privés d'accès numérique, les participants ont commencé à partager leurs versions papier et à commenter ensemble les paragraphes litigieux.

    Cette situation inattendue a créé une solidarité improvisée entre délégations pourtant opposées sur le fond.

    Quand un mauvais mot-change tout un paragraphe

    Dans un projet de texte, une erreur de frappe – « adaptation finance » au lieu de « adaptation funding » – a déclenché une discussion de 40 minutes. Certains pays y voyaient une tentative de redéfinir un concept clé.

    Un simple mot a révélé la vulnérabilité des négociations face à la sémantique.

    Une salle trop petite pour un enjeu trop grand

    Une réunion sur la justice climatique a attiré tellement de participants que la salle a dû être vidée puis déplacée vers une plénière plus grande. ONG, bailleurs, PMA : tous voulaient entendre.

    Cet engouement a montré que la justice climatique devenait un sujet central, et non plus marginal.

    Une carte satellite change le ton du débat

    Lors d’une présentation, une image satellite montrant une zone côtière en train de disparaître sous l’effet de l’érosion a provoqué un silence total. Certains négociateurs ont demandé une suspension pour discuter entre eux.

    L’image a rappelé que derrière les chiffres, il y a des vies et des territoires qui disparaissent.

    Une intervention de la société civile qui surprend tout le monde

    Pendant une pause, une représentante de la société civile a interpellé ouvertement un groupe de négociateurs, leur rappelant les promesses non tenues depuis la COP26. L’intervention a attiré une foule en quelques minutes.

    Cet acte courageux a résonné dans les discussions qui ont suivi, influençant subtilement les positions.

    Un plan d’évacuation qui fait rire une salle trop stressée

    Pendant une session très tendue sur l’adaptation, une vidéoprojection s’est lancée par erreur, affichant un plan d’évacuation d’urgence de la salle au lieu du schéma technique attendu. Les délégations, épuisées, ont commencé à plaisanter sur le fait que « même le système veut nous faire sortir de cette discussion ».

    Cette parenthèse humoristique a brièvement détendu l’atmosphère et permis de reprendre les négociations avec un esprit plus constructif.

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