Les rapports présentés à la COP27 confirment que les besoins de financement de
l’adaptation dans les pays en développement pourraient être multipliés par cinq
d’ici 2030, notamment pour les secteurs de l’eau, de l’agriculture, des infrastructures
et de la santé. À mesure que les impacts climatiques s’intensifient, l’adaptation
devient un pilier central de la stabilité macroéconomique, sanitaire et sociale.
Pourtant, les flux effectifs d’adaptation stagnent et demeurent largement en deçà des
estimations du PNUE et des banques de développement.
Un second problème majeur ressort des analyses : non seulement les financements sont insuffisants,
mais ils se caractérisent par une forte volatilité et une complexité
d’accès qui pénalise les pays les plus vulnérables. Une part importante des flux
affectés à l’adaptation prend la forme de prêts, parfois non concessionnels, aggravant une
dette publique déjà critique dans de nombreux PMA. De plus, les procédures pour accéder
aux fonds internationaux (FVC, Fonds d’adaptation, guichets multilatéraux) demeurent lourdes,
techniques et rarement alignées sur les capacités administratives réelles des pays les moins
avancés.
Pour les PMA, l’enjeu ne se limite donc pas à des montants globaux : il s’agit de disposer
de financements prévisibles, à long terme et à faible
coût, compatibles avec leurs capacités institutionnelles et budgétaires. Le financement
de l’adaptation suppose également la mise en place d’un cadre national de planification robuste :
systèmes d’alerte précoce, gestion intégrée des risques, stratégies agricoles
résilientes, infrastructures adaptées aux événements extrêmes.
Sans un renforcement massif des institutions publiques, des systèmes de planification et des
capacités de suivi-évaluation, les projets d’adaptation risquent de se réduire à des
interventions ponctuelles, déconnectées des réalités structurelles. Une adaptation durable
exige au contraire des investissements programmatiques, une vision à long terme, des capacités
renforcées et un financement qui soutienne la résilience systémique plutôt que des
réponses isolées.