4.1. L’Objectif mondial d’adaptation : un cadre, pas encore une garantie
La COP28 a adopté un cadre pour l’Objectif mondial d’adaptation (GGA), qui définit plusieurs axes prioritaires : amélioration des systèmes d’alerte précoce, renforcement des services climatiques, plans nationaux d’adaptation, analyses de vulnérabilité et de risques. Pour les PMA, souvent dépourvus de ressources humaines et techniques suffisantes, ce cadre peut servir de feuille de route pour structurer des politiques publiques nationales plus cohérentes et assurer une meilleure articulation entre les ministères sectoriels, les collectivités locales et les partenaires techniques.
L’un des apports majeurs du GGA réside dans la clarification d’objectifs mesurables, permettant un suivi plus transparent des progrès accomplis au niveau mondial. En proposant des indicateurs transversaux – couvrant notamment les infrastructures résilientes, la gestion de l’eau, la sécurité alimentaire et la planification territoriale – le cadre permet à chaque pays de comparer ses avancées avec celles de ses pairs et d’identifier les domaines où les besoins d’investissement sont les plus critiques.
Toutefois, le GGA reste fortement dépendant de la disponibilité de financements à long terme. Sans flux additionnels et prévisibles, le risque est grand de voir cet objectif se limiter à un ensemble de principes peu reliés aux réalités budgétaires des ministères des finances des PMA. Les besoins actuels en adaptation sont estimés à plusieurs centaines de milliards de dollars par an d’ici 2030, alors que les financements réellement mobilisés demeurent sans commune mesure avec ces montants.
En l’absence d’engagements financiers solides, les pays vulnérables craignent que le GGA se transforme en un cadre essentiellement normatif, sans traduction concrète sur le terrain. Pour les chercheurs et les praticiens associés à l’IESD, l’enjeu sera de suivre de près la manière dont les partenaires techniques et financiers alignent leurs instruments sur ce cadre, et si celui-ci contribue effectivement à renforcer la capacité institutionnelle, la planification climatique et la résilience des communautés locales.
4.2. Le rôle des pays émergents : entre solidarité Sud–Sud et concurrence pour l’influence
Comme à la COP29, les pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Indonésie, etc.)
ont occupé un rôle croissant à Dubaï. Ils se positionnent à la fois comme
alliés stratégiques des pays en développement dans les négociations sur la finance et
les fossiles, et comme fournisseurs de solutions technologiques à travers des projets Sud–Sud
en énergies renouvelables, infrastructures et agriculture résiliente.
Pour les PMA, cette dynamique ouvre des opportunités de diversifier leurs partenariats, mais pose aussi
une question de gouvernance : comment s’assurer que ces coopérations Sud–Sud soient alignées avec les
priorités nationales d’adaptation et n’aggravent pas une dépendance à de nouvelles formes de
dette ou de captation de ressources ? La réflexion sur les règles communes, la transparence et les
garantis sociales devient un enjeu central de recherche.