- Dictionnaire des Réformes Économiques et Sociales pour le Développement des Pays les moins Avancés
- GUIDE Technologies Industrielles Appropriées AGRO-ALIMENTAIRE
- Guide Technologies Industrielles Appropriées PRODUCTION AUTONOME DE L'ÉNERGIE
- Guide de savoir-faire et Technologies Industrielles Appropriées EAU-WATER
Titre :
Dictionnaire des Réformes Économiques et Sociales pour le Développement des Pays les Moins Avancés/PMA
Auteurs :
Sous la direction de RABETSIMAMANGA Marius
Éditeur :
Observatoire ORES-PMA
ISBN :
2.9523015-0-6
À travers des articles et des définitions de mots clés, les acteurs du développement se familiariseront progressivement avec le langage des réformes et les moyens proposés par la communauté internationale pour initier un processus de développement durable dans les PMA. Comprendre des notions telles que l’Aide Publique au Développement (APD), le Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (DSRPC), l’initiative PPTE, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), l’Éducation pour tous (EPT), la bonne gouvernance ou la diversité culturelle devient essentiel pour agir efficacement.
Président de l'Observatoire-ORES.PMA 6
Commissaire européen, chargé des Actions humanitaires et du développement, Commission européenne 7
Président Directeur général Microsoft-EMEA 8
Secrétaire Général de l'OIF, Organisation Internationale de la Francophonie 10
Secrétaire Général de l'OCDE 12
Secrétaire Général de la CNUCED, Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement 14
Direction : Marius RABETSIMAMANGA, Docteur ès sciences économiques, Directeur scientifique de l’ORES-PMA.
Membres :
- Jean DANVER - Journaliste économique et scientifique, docteur en médecine et sciences pharmaceutiques, membre de l’Académie des Sciences de New York, administrateur ORES-PMA.
- Hilaire BEWA - Ingénieur expert à l’ADEME, docteur ingénieur agroalimentaire, administrateur ORES-PMA.
- Yera DEMBELÉ - Chercheur, docteur ès sciences de gestion, correspondant ORES-PMA zone franc.
- Eugène Marcel GUITON - Journaliste scientifique et social, docteur ès sciences techniques, membre de l’Académie des Sciences de New York, président ORES-PMA.
- Maxime Jean Claude HOUNYOVI - Enseignant-chercheur à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, docteur ès sciences de gestion, membre de l’Academy of Marketing Sciences.
- Philippe HUGON - Professeur d’économie à l’Université Paris X, directeur du CERED-LAREA.
- Raymonde LEFOUR - Secrétaire générale de l’Association de la Presse Eurafricaine, administratrice ORES-PMA.
- Max PEYRARD - Professeur à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chaire Jean Monnet, vice-président ORES-PMA.
- Alain RABETSIMAMANGA - Chercheur, ingénieur agronome, mastère en administration, administrateur ORES-PMA zone COMESA.
La réalisation de ce Dictionnaire des Réformes Économiques et Sociales dans les Pays les Moins Avancés est un travail d'équipe qui a nécessité la mobilisation de nombreux spécialistes ainsi que celle de nombreux organismes.
Au-delà de l'élaboration d'un dictionnaire spécialisé qui touche directement les acteurs des réformes, le projet a un impact plus large conduisant à l'émergence d'une approche plus globale, avec des objectifs plus ambitieux et à plus long terme, englobant la lutte contre la pauvreté et le soutien aux objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en les mettant au centre des préoccupations des lecteurs.
Fidèle à notre organisation de base, notre démarche visait à mettre en synergie les différentes compétences déployées dans des structures averties, accomplissant des actions transversales en faveur des PMA. Chacun, dans sa structure et à la pointe de sa compétence, a apporté sa contribution pour une action qui, sans cela, n'aurait pu se réaliser.
L'équipe qui a rédigé, édité et diffusé ce Dictionnaire témoigne ici toute sa reconnaissance à tous ceux qui, de loin ou de près, ont « joué le jeu » dans cette forme d'organisation en réseau, caractéristique de notre approche, dominée par l'utilisation des nouvelles technologies de la communication et de l'information. Avec les différents correspondants éparpillés dans le monde, nous avons travaillé en temps réel et échangé sur l'avancement des travaux (vidéo-conférence, chat, forum, etc.). Cela a créé, au départ, certaines difficultés, mais nous nous réjouissons de voir que les acteurs concernés ont très vite adopté la NTCI. Cela nous donne la conviction qu'avec un minimum d'aide, notamment sur l'équipement et l'accès aux réseaux, les auteurs des PMA peuvent pleinement participer aux délibérations et opportunités offertes par l'espace mondial.
Nos remerciements s'adressent tout particulièrement aux personnalités qui, par leur engagement personnel et leur soutien inconditionnel en faveur des PMA, en tant qu'acteurs et observateurs privilégiés des relations internationales, ont donné à cette action son ampleur mondiale et sa place dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Nous pensons notamment à :
- Monsieur Jean-Philippe Courtois, Président Directeur Général de Microsoft-EMEA (Europe-Moyen Orient-Afrique) ;
- Monsieur Abdou Diouf, Secrétaire Général de l'Organisation internationale de la Francophonie ;
- Monsieur Omar Kabbaj, Président du Groupe de la Banque Africaine de Développement ;
- Monsieur Donald J. Johnston, Secrétaire Général de l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) ;
- Monsieur Poul Nielson, Commissaire Européen chargé des Actions Humanitaires et du Développement de la Commission Européenne ;
- Monsieur Rubens Ricupero, Secrétaire Général de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement).
Nous pensons aussi à diverses autres personnalités qui, tout au long du processus de réalisation, ont été des interlocuteurs attentifs et n'ont pas manqué d'apporter leurs conseils pour donner à cet ouvrage la dimension qu'il mérite. Il s'agit de :
- Monsieur Nicholas Bray de l'OCDE, ainsi que Madame Helen Fisher ;
- Monsieur Pierre Encontre de la CNUCED, ainsi que Madame Muriel Scibilia ;
- Monsieur Colm Foy du Centre de Développement de l'OCDE ;
- Monsieur Ali Hobalah de Microsoft EMEA ;
- Madame Carolina Lugli de l'UNFPA ;
- Monsieur Ben Youcef Megherbi du PNUD ;
- Monsieur Hans d'Orville de l'UNESCO, ainsi que Monsieur Sidi Ould Cheikh Abdallah ;
- Monsieur Daniel Pouzadoux du Centre pour le Développement de l'Entreprise ;
- Monsieur Guy Farracol de la Banque Africaine de Développement ;
- Monsieur Kristian Schmidt de la Commission Européenne, ainsi que Madame Sabine Pellkofer et Madame Anna Lia ;
- Monsieur Hugo Sada de l'Organisation Internationale de la Francophonie, ainsi que Madame Jale Timan.
Mr Eugène Marcel Guiton
Président de l'Observatoire-ORES.PMA
La Communauté internationale a fait de la réduction de la pauvreté son objectif central dans son action pour la coopération internationale. C'est un défi formidable et exaltant pour ce début du 3ème millénaire.
Nous sommes tous, dans ce monde « mondialisé », responsables de notre planète. Et comme les problèmes sont assez nombreux, nous avons tous un rôle à jouer dans la recherche de solutions avec la conviction que le développement doit s'effectuer à partir de la base et non du sommet. Toutes les énergies de ceux qui sont appelés à participer au processus de développement sont nécessaires.
Pour réaliser cela, de nombreuses organisations internationales telles que la Commission de l'Union Européenne, la Banque Mondiale, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), le FMI, le Groupe de la Banque Africaine de Développement, l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), le PNUD et le PAM se sont engagées aux côtés des PMA (Pays les Moins Avancés) pour organiser ces réformes économiques et financières, dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Ces engagements sont reconfirmés dans les programmes d'actions au niveau régional, dans le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NOPADA).
Ces réformes visent à faciliter l'intégration de ces pays dans le processus de mondialisation en cours et à éradiquer la pauvreté et ses manifestations indignes de notre siècle (faim, malnutrition, maladie, difficulté d'accès aux produits et services nécessaires à la vie).
De nombreuses organisations non gouvernementales sont, elles aussi, activement mobilisées, chacune à sa manière et selon ses directions, pour chercher à améliorer cette situation dans les PMA.
Les acteurs de cette entreprise laissent entrevoir pour certains pays concernés des perspectives encourageantes.
C'est dans le cadre de cette mobilisation de la communauté internationale que, sous l'égide du Centre International de Liaison des Ingénieurs, Techniciens, Industriels, Économistes, Experts, Éducateurs et Chercheurs (Centr'INTECH), nous sommes heureux de vous présenter le Dictionnaire des Réformes Économiques et Sociales pour le Développement des PMA.
Le dictionnaire s'adresse aux acteurs du développement des PMA qui agissent pour la réflexion et la mise en œuvre de ces réformes. Ce sont les décideurs politiques, les agents de l'administration, les universitaires et les étudiants, les militants associatifs et les responsables des organismes de la société civile, ainsi que les promoteurs économiques.
Le dictionnaire s'adresse également au public européen, de plus en plus sensibilisé aux problèmes des PMA et de la pauvreté dans le monde, ainsi qu'aux acteurs économiques et politiques des pays du Nord, dont la contribution pour ces réformes est requise dans le cadre d'un partenariat équitable. Le dictionnaire se veut être un « système d'aide à la réflexion » qui encouragera ces acteurs à devenir des agents de changement afin de maîtriser leur destin et leur histoire, et non de les subir.
Notre action est certes « une goutte d'eau dans l'océan », mais ce sera pour nous « le grain de sable » qui participera à l'édification d'un monde meilleur, plus juste et plus équitable.
Cet ouvrage est une réalisation technique majeure, mêlant réflexion générale et analyse sur la qualité des ressources humaines et sociales.
Mr Poul NIELSON
Commissaire européen
chargé des Actions humanitaires
et du développement, Commission européenne
En 2001, en accueillant sa conférence à Bruxelles, la Conférence des Nations Unies sur les Pays les Moins Avancés, l'Union Européenne avait lancé un message fort, celui de sa volonté d'aider ces pays, où se cristallisent les effets de la pauvreté la plus abjecte. L'objectif était de les sortir de cette situation intolérable en ce début du 21ème siècle.
L'année suivante, en souscrivant à Monterrey aux objectifs de Développement du Millénaire et en se donnant les moyens financiers de les atteindre, en s’engageant à faire passer de 0,33 % à 0,39 % de son revenu national brut, à l'horizon 2006, son aide publique au développement, c’étaient les PMA que l'UE avait à l’esprit d'aider en premier lieu. C'est aussi d'abord à eux qu'elle pensait lorsque, à Johannesburg, elle a lancé ses initiatives en matière d'eau et d'énergie, qu’elle cherche maintenant à mettre en œuvre, notamment pour réduire de moitié d'ici l'an 2015 le nombre de personnes sans accès à l’eau potable et à des installations sanitaires.
Mais la seule augmentation des flux d'aide, conjuguée à l'amélioration de leur efficacité, ne saurait suffire pour atteindre ces différents objectifs de développement. Les PMA eux-mêmes ont un rôle crucial dans la réussite des programmes de développement. Il leur appartient, en effet, de s'approprier leurs stratégies de développement et de mettre en œuvre des politiques qu'ils auront librement déterminées, en particulier en matière de promotion du secteur privé, qui seul est en mesure d'accélérer la croissance économique, sans laquelle il ne peut y avoir de recul de la pauvreté.
Ce dictionnaire des réformes économiques et sociales, en s'attachant à expliquer certains concepts-clés, en résumant et en synthétisant les thèmes qui sont au cœur de la coopération au développement, sera un outil précieux pour tous ceux qui sont appelés à contribuer au succès des réformes dans les Pays les Moins Avancés.
Mr Jean-Philippe Courtois
Président Directeur général Microsoft-EMEA
L'Afrique demeure une priorité majeure pour la communauté engagée dans le développement. En effet, ce continent continue de faire face à des défis dans de nombreux secteurs. L'une des principales difficultés auxquelles l'Afrique est confrontée au XXIe siècle concerne la création d'un environnement dynamique pour les entreprises. C'est un objectif clair du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD).
Un nombre croissant de gouvernements africains reconnaissent qu'un secteur privé fort est essentiel pour stimuler la croissance économique et commencent à libéraliser leurs économies respectives. Ces entreprises, qui pourraient donner l'impulsion nécessaire à l'exploitation du gigantesque potentiel économique de l'Afrique, se heurtent néanmoins à d'innombrables obstacles, parmi lesquels figurent : le faible niveau de développement et le manque d'investissements dans l'éducation ; la faiblesse du secteur privé, accentuée par une forte présence de l'État dans l'économie ; la dépendance importante vis-à-vis des donateurs, notamment pour l'aide et les mécanismes financiers ; les coûts élevés supportés par les entreprises en raison du manque de services, d'infrastructures et de ressources ; l'insuffisance et/ou l'inadaptation des infrastructures de transport et de télécommunications ; le coût élevé des financements dû aux risques importants et à une faiblesse des structures économiques ; le risque politique et fiscal ; l'importance des fluctuations monétaires ; la faible sensibilisation à la gouvernance d'entreprise ; l'insuffisance des technologies de l'information et des télécommunications ainsi que des infrastructures de santé ; le sous-développement des marches financiers ; le manque d'expérience du personnel, et dans certains cas, du management ; la faiblesse de l'investissement privé à l'échelle nationale ; la concentration des investissements étrangers dans un nombre limité de pays et de secteurs.
En conséquence, de nombreux pays africains ont encouragé et favorisé les investissements privés étrangers, estimant qu'ils constituent un moyen d'obtenir des financements, des compétences en gestion, des technologies et un accès aux marches étrangers. On considère généralement que les capitaux étrangers peuvent jouer un rôle significatif dans l'investissement et la croissance, notamment dans les pays disposant de réserves financières nationales limitées.
Le programme d'Investissements Étrangers Directs (IED) contribue au développement économique de plusieurs façons : compétences technologiques et managériales ; échanges avec l'étranger et capitaux d'investissement à long terme ; établissement de liens avec les marches mondiaux ; création d'emplois, etc.
La promotion d'une convergence entre les IED et le développement durable des entreprises doit devenir l'une des priorités stratégiques des pays les moins développés. Cependant, le rôle des investisseurs étrangers et du monde des affaires ne saurait se limiter à la simple création d'activités dans les pays où ils s'implantent. Le développement de l'activité économique suscite des attentes croissantes quant au rôle social des entreprises. De plus, les entreprises valorisent la confiance de leurs partenaires et cherchent à établir une collaboration plus étroite avec eux. À ces pressions extérieures s'ajoutent des attentes internes (au niveau national) en faveur de l'introduction de programmes sociaux. Ces attentes sont liées à une réévaluation des éléments constitutifs de l'avantage concurrentiel (facteur « Avantage concurrentiel ») ainsi qu'aux attitudes et valeurs des employés et des dirigeants (facteur « Valeurs/Leadership »).
C'est la collectivité qui crée l'environnement de l'entreprise. La manière dont une entreprise interagit avec la collectivité dans laquelle elle est implantée constitue un élément clé de sa performance ainsi que du développement de cette collectivité. Les entreprises conscientes de ce lien accordent une grande importance aux questions communautaires. Cela ressort de la définition donnée par le Conseil Mondial des Entreprises pour le Développement Durable (WBCSD) : « Les questions communautaires englobent un large éventail d'actions incluant les programmes d'assistance, le soutien aux besoins en matière d'éducation, la promotion d'une vision commune du rôle de l'entreprise au sein de la collectivité, la préservation de la santé et de la sécurité, le parrainage, le soutien au bénévolat des employés et les contributions philanthropiques. »
La fonction organisationnelle des relations entreprise-collectivité est définie par le Center for Corporate Community Relations du Boston College comme « l'état des relations entre l'entreprise et la collectivité (locale, nationale ou internationale) dans laquelle elle est implantée ou sur laquelle elle exerce une influence. Cette fonction regroupe des programmes dans l'intérêt à la fois de l'entreprise et de la collectivité, tels que les dons, le bénévolat des salariés, les programmes communautaires, les relations avec les organisations laïques et professionnelles, ainsi que les actions liées à la citoyenneté d'entreprise. »
L'engagement de l'entreprise envers la collectivité, souvent désigné sous le terme de « citoyenneté d'entreprise », fait partie intégrante des initiatives sociales de l'entreprise, constituant peut-être l'un des volets les plus essentiels.
Renforcer les capacités pour réduire de l'intérieur la fracture numérique en Afrique.
Les pays africains font face à de nombreux défis et obstacles dans leur préparation à l'intégration dans l'économie mondiale ainsi que dans leurs efforts pour un développement économique durable et une réduction de leur dépendance vis-à-vis des pays développés. La maîtrise de l'informatique et l'utilisation efficace des technologies de l'information et de la communication (TIC) en tant qu'outils de développement socio-économique sont des éléments clés de ces processus. Pour les dirigeants africains, le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD) constitue un cadre de mise en œuvre des réformes nécessaires. Dans le cadre du NEPAD, la Commission e-Afrique a été chargée de traiter les questions liées aux TIC. Le Partenariat pour une Société de l'Information et le Développement en Afrique (ISPAD) permettra au secteur privé et à d'autres acteurs de participer à ce processus. Des discussions approfondies ont eu lieu entre les membres du Forum économique mondial, le secrétariat du NEPAD et la Commission e-Afrique pour définir les moyens de renforcer et de compléter les initiatives du NEPAD, tout en aidant à résoudre les questions politiques liées aux technologies dans le cadre des actions de développement. Des entreprises membres du Forum économique mondial (comme Accenture, Hewlett Packard et Microsoft) ont contribué à la création d'un groupement de partenaires pour fournir les fonds d'amorçage nécessaires à un programme qui permettra aux pays africains de développer des politiques de sensibilisation à l'informatique et de surmonter, voire d'éliminer, les obstacles politiques freinant l'adoption des TIC dans la région.
L'exemple du programme Unlimited Potential (UP) de Microsoft Community Affairs
Le programme Microsoft Unlimited Potential (UP) est une initiative internationale visant à promouvoir l'apprentissage tout au long de la vie pour les jeunes et les adultes défavorisés en leur offrant des compétences technologiques via des centres de formation et de technologies (CTLC) installés localement. Microsoft estime que fournir aux personnes défavorisées une formation aux compétences techniques peut créer des opportunités socio-économiques capables de transformer à la fois leurs vies et les communautés dans lesquelles elles vivent.
Microsoft ne limite pas son engagement envers les communautés au niveau mondial à des contributions technologiques ou financières, mais inclut également le bénévolat de ses employés, qui est au cœur de ses actions philanthropiques. Les employés consacrent leur temps, partagent leurs connaissances et compétences en s'investissant personnellement auprès d'étudiants et d'enseignants dans le cadre de programmes pour les jeunes, dans des bibliothèques publiques, des associations à but non lucratif et même des institutions artistiques.
Une part significative des actions de Microsoft en faveur des communautés est liée à l'assistance humanitaire fournie aux sinistrés par l'intermédiaire de l'UNHCR. Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, Ruud Lubbers, a d'ailleurs souligné que « des individus et des entreprises comme Microsoft mettent leurs ressources et leurs compétences au service des réfugiés pour leur apporter l'aide indispensable dont ils ont besoin pour se reconstruire. » Un autre exemple de cet engagement est le partenariat de Microsoft avec l'UNWRA pour développer des systèmes permettant de centraliser les besoins des réfugiés et d'acheminer les ressources destinées à leur aide.
Mr Abdou DIOUF
Secrétaire Général de l'OIF
Organisation internationale de la Francophonie
Quoi que certains, qui préfèrent les facilités de la dénonciation à la rigueur de l'analyse, en disent, l'Afrique a fait et continue de faire des progrès notables dans tous les domaines : qu'il s'agisse des conflits qui la déchirent encore, de l'instauration et de la consolidation de la démocratie et de l'Etat de droit, du développement durable et de la diversification économique, les succès l'emportent progressivement sur des échecs trop volontiers mis en exergue.
Certes beaucoup ont espéré que les choses iraient plus vite : que, profitant des acquis des pays déjà développés et disposant d'aides multiples, les PMA, en particulier les PMA africains, pourraient brûler les étapes et offrir, à brève échéance, à leurs populations, les mêmes conditions de vie que celles régnant dans les pays disposant d'une accumulation pluriscéculaire de capitaux, d'infrastructures et de compétences. C'était oublier que chaque pays, chaque région doit construire et s'approprier son histoire, constituer son propre capital économique et humain et affronter ses propres démons : nous n'en sommes qu'au début de cette histoire.
Fondée sur le partage d'une langue et de valeurs communes, défendant la diversité culturelle et le respect de l'Autre, hostile à toute hégémonie, à tout unilatéralisme, la Francophonie, qui compte, parmi ses 56 membres, 29 pays africains et 24 PMA, est un partenaire privilégié de ces pays dans cette appropriation de leur destin et la réalisation d'avancées indispensables.
Parmi les initiatives qui, dans cet esprit, représentent un espoir majeur pour l'Afrique, le NOPADA-NEPAD pourrait être un point de rupture et un point de refondation : rupture en raison d'une approche novatrice ; refondation en vue d'une renaissance africaine durable.
Cette initiative se veut en effet un symbole du nouveau visage de l'Afrique, des espoirs qu'elle nourrit pour elle-même, des ambitions qu'elle cultive pour ses peuples.
Fondé sur une vision stratégique pensée, conçue, développée et conduite par l'Afrique elle-même, ce programme, à partir d'une analyse sans complaisance de la situation du continent et des responsabilités que doivent assumer les dirigeants et leurs peuples, constitue l'engagement formel de tout mettre en ouvre pour relancer l'Afrique sur la voie de la croissance et du développement, et pour l'intégrer résolument dans l'économie mondiale.
Première véritable initiative africaine destinée à lutter contre le risque de mise à l'écart du continent, le NEPAD doit devenir un projet incontournable, tant pour les pays eux-mêmes, appelés à faire des choix parfois difficiles, que pour les bailleurs de fonds, les organisations internationales impliquées en Afrique et la communauté internationale dans son ensemble. En effet, celle-ci se doit d'accompagner l'effort entrepris, notamment au niveau des problématiques sur lesquelles l'Afrique a le moins d'emprise, qu'il s'agisse du financement, de la dette, des règles du commerce, de l'accès aux marchés ainsi que du transfert de technologie et d'expérience. Dans cette perspective, la tenue des engagements pris pour la réalisation des objectifs adoptés lors du Sommet du Millénaire, de la Conférence de Monterrey et du Sommet de Johannesburg s'avère essentielle.
En affirmant l'interdépendance entre paix, démocratie, bonne gestion publique et développement, et en reconnaissant dans la stabilité, la bonne gouvernance et le respect de l'Etat de droit des conditions incontournables du développement économique et social, le NEPAD témoigne de cette volonté que manifeste l'Afrique de devenir responsable de son histoire et maître de sa place dans le monde.
L'Organisation internationale de la Francophonie a dès le départ salué l'initiative du NEPAD et décidé de lui apporter son plein appui, en appelant cependant à prendre en considération et à respecter un certain nombre de paramètres qui lui semblent indispensables pour assurer les conditions de plein succès au NEPAD :
- D'abord, la participation de tous les acteurs, tant à la réflexion qu'à la mise en ouvre de ce projet global, ainsi que son appropriation par les citoyens eux-mêmes. Cela requiert un processus continu d'information, de sensibilisation et de mobilisation. Pour cela il faut des outils accessibles à tous, et à ce titre il faut saluer le présent ouvrage : le maintien, le renforcement et la mise à jour des compétences sont un défi crucial pour tous les PMA.
- Ensuite, la nécessaire réalisation, dans le cadre de la mise en ouvre à moyen et à long terme du programme, d'actions immédiates en faveur du mieux-être des populations, de manière à calmer l'impatience, voire les désillusions, qui se révèlent suite aux grands espoirs suscités par la vague de démocratisation des années 1990.
- Enfin, la consolidation de la culture démocratique et de la paix, du sens de l'effort et de la responsabilité.
Là encore l'exemple et l'éducation, selon une pédagogie multiforme s'adressant à toutes les catégories sociales, sont indispensables et tous les outils doivent être mobilisés.
Je ne crois pas inutile de rappeler ici les propositions qui sont issues des convergences constatées entre les priorités retenues dans le NEPAD d'une part, et les champs d'actions prioritaires de la Francophonie d'autre part, en particulier ceux gérés par son opérateur principal, l'Agence intergouvernementale de la Francophonie. Ces propositions s'inscrivent notamment dans les domaines suivants :
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- La paix, la sécurité et la bonne gouvernance : la démarche et les programmes, notamment ceux issus de la Déclaration de Bamako, adoptée par les pays francophones en novembre 2000, mettent un accent particulier sur le renforcement des capacités institutionnelles, en s'appuyant sur les réseaux professionnels et les instruments déjà existants.
- Les nouvelles technologies de l'information et de la communication qui constituent un élément de plus en plus déterminant pour le succès ou l'échec des politiques de formation et de développement.
- L'énergie et l'environnement : le cadre qui guidera l'action de la Francophonie durant les dix prochaines années, est cohérent avec les préoccupations et les orientations formulées dans le NEPAD. L'Afrique y bénéficie d'une priorité affirmée en tant que zone axée sur l'action régionale pour le développement durable.
- Enfin l'éducation et la culture, deux domaines dans lesquels la Francophonie bénéficie d'une expérience reconnue. Ses programmes en direction de l'Afrique sont conçus et déployés en ét roite concertation avec les pays qui ont des besoins majeurs aussi bien en éducation de base qu'en ce qui concerne l'enseignement supérieur et la recherche.
Le prochain Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des pays francophones, qui se tiendra à Ouagadougou, à l'automne 2004 a pour thème « un espace solidaire pour un développement durable ».
La construction d'un tel espace est une ambition commune à l'ensemble des organisations internationales. Ce qui constitue la spécificité de la Francophonie, c'est de le faire non en passant directement par la mise en ouvre de ressources économiques et financières, mais en s'appuyant sur l'information, la formation et la concertation entre ses membres.
Cela exige de plus en plus de personnes, de jeunes en particulier, formées et capables d'accéder à l'information. C'est pourquoi la Francophonie est heureuse de saluer tout ouvrage qui, comme le présent Dictionnaire, offre aux citoyens des PMA les instruments pour mieux comprendre le cadre dans lequel ils doivent agir et quels sont les leviers dont ils disposent pour s'assurer une meilleure maîtrise de leur destin.
Mr Donald J. JOHNSTON
Secrétaire Général de l'OCDE
Organisation de Coopération et de
Développement Économiques
Contribuer au développement mondial est un objectif essentiel de l'OCDE. La Convention de l'OCDE appelle en effet l'Organisation à promouvoir des politiques visant à contribuer à une saine expansion économique dans les pays membres ainsi que non membres en voie de développement économique.
Étant donné l'interdépendance accrue du monde actuel, cet objectif est encore plus crucial aujourd'hui afin de faire reculer la pauvreté et d'assurer l'instauration d'un développement durable à l'échelle mondiale. Les principes et valeurs que promeut l'OCDE - démocratie, économie de marché, systèmes commerciaux et financiers ouverts, fondés sur des règles non discriminatoires, et bonne gouvernance - sont les fondements qui nous permettront d'atteindre notre objectif ultime : le bien-être économique et social de tous, dans le respect de la diversité et de l'identité culturelle.
Les atouts de l'OCDE tiennent notamment à ses compétences pluridisciplinaires en matière d'analyse et de dialogue sur les politiques à suivre, de mise en commun des pratiques exemplaires et de surveillance de ses membres dans le cadre d'examens par les pairs, ainsi qu'au vaste dialogue sur les mesures à prendre et aux activités de renforcement des capacités qu'elle mène avec plus de soixante-dix économies non membres, organisations internationales et autres intervenants.
Les éléments indispensables à la concrétisation des objectifs convenus par la communauté internationale dans la Déclaration du millénaire sont désormais en place, grâce à la conviction largement partagée qu'un développement effectif requiert une approche globale, fondée sur le partenariat et axée sur l'obtention de résultats. C'est aux pays en développement qu'il revient, au premier chef, de s'efforcer à leur développement économique et social, en adoptant des pratiques de bonne gouvernance et des politiques judicieuses de façon à mobiliser les ressources nationales et à attirer l'investissement privé. Par leur part, il appartient aux pays développés de porter une attention accrue aux répercussions que leurs propres politiques peuvent avoir sur les pays en développement et de soutenir les efforts déployés par ces derniers, en particulier les moins avancés, pour se doter des capacités nécessaires afin de tirer le meilleur parti de l'aide, des échanges et de l'investissement au service de la lutte contre la pauvreté et du développement durable.
L'OCDE, quant à elle, exploitera ses atouts pour appuyer ce programme d'action commun au service du développement en s'appliquant à :
- Encourager la cohérence des politiques au service du développement ;
- Soutenir la bonne gestion des affaires publiques et les capacités d'élaboration des politiques dans les pays en développement ;
- Améliorer l'efficacité de l'aide et veiller à ce qu'elle atteigne un volume suffisant ;
- Renforcer les partenariats et l'obligation de rendre des comptes.
Les pays membres du CAC ont accru leur aide publique au développement en faveur des pays en développement de 4,9 % en termes réels, compte tenu de l'inflation, entre 2001 et 2002. Celle-ci s'est chiffrée à 57 milliards de dollars, soit 0,23 % de leurs ressources globales, telles qu'elles ressortent de leur revenu national brut (RNB), affichant ainsi un début de reprise par rapport au point bas sans précédent de 0,22 % du RNB auquel elle stagnait depuis trois ans.
À la Conférence internationale sur le financement du développement, tenue à Monterrey en mars 2002, les pays donneurs se sont engagés à augmenter leur aide publique au développement (APD) en faveur des pays en développement. D'après les estimations de l'OCDE, si ces promesses se concrétisent, il devrait en résulter une progression de 31 % de l'APD en termes réels (soit environ 16 milliards de dollars) qui porterait le rapport APD/RNB à 0,26 % d'ici 2006 - niveau encore largement inférieur aux 0,33 % régulièrement enregistrés jusqu'en 1992.
Au cours des dernières années, la corruption est devenue un thème important dans les débats politiques et économiques, et il est aujourd'hui évident que l'on doit impérativement prendre des mesures pour combattre ce phénomène. L'OCDE joue un rôle crucial en matière de prévention de la corruption internationale.
La Convention de l'OCDE de lutte contre la corruption est entrée en vigueur le 15 février 1999. La Convention oblige les Parties à établir comme infraction pénale le fait d'offrir, de promettre ou de donner des pots-de-vin à un agent public étranger dans le but d'obtenir ou de conserver un marché dans le commerce international.
L'OCDE ouvre aussi à la coopération entre gouvernements en ce qui concerne les flux d'IDE et autres mouvements de capitaux. Elle aide à améliorer la politique nationale de l'environnement en vue d'attirer l'investissement étranger et en tirer pleinement profit. Elle encourage également la contribution positive des entreprises multinationales au développement durable.
L'Organisation réalise aussi des travaux liés aux discussions de l'après-Doha sur l'investissement au sein de l'OMC. Les études couvrant des domaines, tels que la relation entre les règles bilatérales, régionales et multilatérales en matière d'investissement, et les avantages de la transparence dans les politiques internationales de l'investissement, apportent une contribution importante aux travaux relatifs à l'investissement qui sont en cours à Genève.
Le XXIe siècle verra une part croissante de la production globale passer des économies vieillissantes de l'OCDE aux pays en voie de développement, plus jeunes sur le plan démographique. Les mouvements de capitaux qui en découleront bénéficieront aux deux régions, car la diminution de la population active et la charge des retraites se traduiront par une baisse des rendements de capitaux dans les pays de l'OCDE, au bénéfice des pays en développement.
Ces projections ne pourront toutefois se matérialiser tant que les pays pauvres et émergents resteront vulnérables aux crises financières comparables à celles des années 90, d'une part, et tant que leur croissance ne se traduira pas en augmentation de la productivité des entreprises, d'autre part. Seule l'amélioration durable de la croissance de productivité des entreprises des pays en voie de développement permettra à tous les pays, riches et pauvres, de tirer profit de la mondialisation financière.
Les pays en développement opèrent désormais dans un environnement financier mondial radicalement différent de celui qui prévalait il y a seulement quelques années. Les travaux de recherche doivent s'attacher à apporter des éléments d'analyse pour nourrir les débats politiques liés à ces évolutions.
Du fait de l'intensité de la concurrence au niveau mondial pour attirer les capitaux, la communauté financière internationale doit inscrire au nombre de ses priorités : la limitation de la volatilité des mouvements de capitaux à court terme et de la propagation des crises financières ; l'intégration d'un plus grand nombre de pays en développement dans le portefeuille des investisseurs mondiaux ; l'amélioration durable de la productivité des entreprises dans les pays en développement.
Les difficultés rencontrées, notamment ces derniers mois, par la communauté internationale, l'échec de la Conférence de l'OMC à Cancun en étant certainement la manifestation la plus nette, démontrent, si besoin en était, que la coopération internationale reste la seule voie possible de progrès. La tentation d'un repli sur soi-même doit être écartée et la prolifération d'accords bilatéraux doit être combattue. L'OCDE jouera, plus que jamais, son rôle de facilitateur pour rapprocher les points de vue et contribuer au développement d'un monde plus équitable.
L'appropriation des concepts élaborés par la communauté internationale et celle des expériences acquises dans les pays membres de l'OCDE, sont une nécessité et une opportunité pour les pays les Moins Avancés (PMA) dans la mise en œuvre de leurs réformes.
Mr Rubens Ricupero
Secrétaire Général de la CNUCED
Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement
Est-il nécessaire de rappeler que la dénomination « PMA » est un signal fort des Nations Unies sur la nécessité d'établir un partenariat spécial avec un groupe de pays reconnus comme étant structurellement défavorisés, pour la plupart piégés dans la pauvreté sans traitement particulièrement généreux ? Ce signal est réitéré tous les trois ans lors de la révision de la liste des PMA par le Conseil Économique et Social des Nations Unies. La révision repose sur des critères qui reflètent le retard socio-économique et les désavantages structurels des PMA, notamment leur grande vulnérabilité économique. L'année 2003, marquée par une révision de la liste, a vu l'arrivée d'un 50ème PMA, le Timor Oriental.
Le besoin d'adaptation à l'évolution rapide de l'économie mondiale est vital pour tous les pays, y compris ceux qui, en raison de leurs faiblesses structurelles, peinent à tirer profit de la mondialisation. Il est essentiel d'éclairer les décideurs économiques sur les enjeux de cette évolution et les choix les plus appropriés. À cette fin, la publication d'un dictionnaire offrant un éclairage sur les multiples concepts et instruments relatifs au développement, ainsi que sur les mécanismes et institutions qui façonnent l'environnement international des pays concernés, est une initiative heureuse, et je félicite vivement les auteurs.
Je me contenterai ici d'un triple encouragement aux acteurs du développement des PMA pour qu'ils tirent parti de l'appartenance de leur pays à cette catégorie dans leurs réformes :
- En premier lieu, j'encourage les décideurs économiques à approfondir leur connaissance des raisons qui placent leur pays dans le groupe des PMA, en se référant aux critères de la liste, rappelés à point par le dictionnaire. Cela implique une analyse détaillée de la vulnérabilité économique du pays, souvent liée à des handicaps structurels et à l'exposition aux aléas de la conjoncture économique mondiale et aux catastrophes naturelles.
- En deuxième lieu, j'invite les acteurs économiques à dresser un inventaire des avantages que leur pays a pu retirer de son statut de PMA, notamment en matière de politique commerciale (accès préférentiel aux grands marchés), de financement du développement, et d'assistance technique. Il est important de distinguer les avantages spécifiques à la dénomination PMA de ceux éventuellement obtenus par d'autres régimes.
- En troisième lieu, je rappelle que l'amélioration des mesures en faveur des PMA est un objectif clé des Nations Unies, évoluant avec l'environnement international. Cet objectif ne pourra être atteint que si les responsables de la politique économique des PMA font l'effort de définir, ou de redéfinir, les modalités de traitement spécial nécessaires à leurs pays. Je les encourage donc, en concertation avec les acteurs de l'économie réelle, à réfléchir aux futures formes de traitement spécial pour les PMA, en fonction de leurs handicaps graves et de leur retard.
Le bien-fondé de la catégorie PMA réside dans la justification d'un traitement spécial et dans l'esprit de partenariat avec la communauté internationale. Ce partenariat demande aux pays PMA d'assumer la responsabilité des améliorations structurelles (développement des ressources humaines, infrastructures) et des réformes économiques nécessaires. Il engage également les pays développés à des efforts exceptionnels pour les PMA. En définitive, le succès du traitement différencié de ces pays repose sur la communauté internationale dans son ensemble.
Par son travail d'analyse des défis majeurs auxquels les PMA sont confrontés dans l'économie mondiale, la CNUCED s'efforce de maintenir ou de renforcer la crédibilité de la catégorie PMA pour que sa légitimité soit comprise de tous, tant par les acteurs des pays concernés que par leurs partenaires internationaux. Je suis conscient de l'importance des efforts pédagogiques dans les décisions économiques.
Il est essentiel de contribuer, comme le fait admirablement le Dictionnaire des Réformes, à développer, chez les responsables des progrès de leurs pays, la compréhension des idées et des outils pour faire de la mondialisation une chance pour ces pays. C'est pourquoi je me réjouis de la parution de cet ouvrage, qui, j'en suis sûr, sera un outil précieux pour les décideurs auxquels il s'adresse.
Les Pays les Moins Avancés (PMA) entreprennent actuellement des réformes économiques ambitieuses visant à réduire la pauvreté et à favoriser leur intégration dans l’économie mondiale. L'objectif est de les rendre capables, à terme, de se passer de l’aide extérieure. La communauté internationale s’est engagée à accompagner ces PMA dans leurs efforts, en promouvant notamment le développement durable. Plusieurs résolutions fixant des objectifs en ce sens ont été adoptées. Parmi les principales références, citons les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), approuvés par les 191 États membres de l’ONU et réaffirmés par les dirigeants du G8, ainsi que la 3ème Conférence des Nations Unies sur les PMA (Bruxelles, mai 2001) et le Forum Mondial sur l’Éducation pour Tous (Dakar, 2000).
Cadres du Dictionnaire
Ces résolutions ont introduit de nouveaux termes techniques, qui demeurent souvent accessibles uniquement aux experts gouvernementaux. Pourtant, la participation de divers acteurs, en particulier celle de la société civile, est nécessaire pour élaborer et mettre en œuvre les projets soutenus par la communauté internationale.
Les dictionnaires existants ne répondent pas aux besoins spécifiques des acteurs des PMA. Actuellement, il existe plusieurs dictionnaires portant sur l’économie, le social et la finance. Cependant, seulement 30 % de leur contenu est pertinent pour la compréhension des réformes dans les PMA, en raison des spécificités de ces pays. En outre, la prolifération des sigles rend la lecture encore plus difficile pour ceux qui ne sont pas initiés.
La mission des experts a évolué. Elle ne se limite plus à proposer des solutions prêtes à l’emploi destinées à un nombre restreint de techniciens gouvernementaux. Elle consiste également à permettre au grand public de participer à la conception et à la mise en œuvre des projets de développement. Dans le cadre de la mondialisation, il devient nécessaire de « penser globalement et d’agir localement ». Cela signifie que les résolutions adoptées par la communauté internationale ne fournissent que des « mesures standard » que chaque gouvernement doit adapter aux réalités locales. Une telle démarche implique la participation d'un large public à des débats ouverts, ancrés dans les valeurs culturelles locales. Ainsi, l’élaboration du Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP) requiert non seulement l’expertise des techniciens gouvernementaux, mais également celle de tous les acteurs du développement.
Objectifs du Dictionnaire
- Aider les acteurs du développement à se familiariser avec le langage économique et social en leur proposant des définitions simples et accessibles, et en présentant les informations essentielles des réformes sous une forme claire et vivante.
- Permettre aux acteurs du développement de s’approprier les concepts développés par la communauté internationale, ainsi que les expériences (succès et échecs cumulés) des pays industrialisés, en facilitant le transfert de concepts et d’expériences.
- Fournir des informations fiables pour réaliser une analyse comparative de la situation et de l’évolution des 50 pays PMA, permettant ainsi l’évaluation et le suivi des réformes à l'aide d'indicateurs reconnus internationalement.
- Offrir à un large public la possibilité de comprendre les dimensions et les enjeux des réformes, d'initier un débat autour des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) afin de les intégrer au cœur des réformes, et d'orienter les actions en fonction d'une vision commune, fruit d'un compromis, qui dessine la vision dynamique d'un pays.
1. Des définitions
Critères de sélection des termes
Les mots clés et techniques ont été sélectionnés à partir de quatre critères :
- Les mots normés internationalement ;
- Les mots spécifiques aux PMA ;
- Les mots utilisés par les bailleurs de fonds ;
- Les termes institutionnels.
Deux méthodes ont été utilisées pour choisir ces termes :
Enquêtes
Elles s'adressent aux acteurs de développement déjà confrontés à la question des réformes. Nous avons organisé des réunions sous forme de «cénacle», au cours desquelles nous avons demandé aux participants d'indiquer, d'une manière spontanée, les termes et les mots qu'ils entendent couramment mais qui les gênent dans leur compréhension.
Compilation des documents spécialisés
Nous avons rassemblé de nombreux documents diffusés par les organisations internationales, régionales et nationales qui traitent des questions des réformes. Des acteurs potentiels, non spécialistes de l'économie, ont identifié, grâce à leur lecture, les mots, les termes et les concepts qui leur échappent.
Nous avons identifié, en collaboration avec la société civile des PMA, 12 thèmes qui représentent, selon leur appréciation, les questions les plus importantes sur les réformes. Ces thèmes sont expliqués par des mots clés (en caractères gras) et par des termes techniques. Lorsque ces mots clés et techniques sont cités plus d’une fois dans les autres définitions, ils sont mis en italique, ce qui les renvoie aux termes principaux.
L'explication de chaque terme comprend trois éléments : une définition claire et nette, un ou des exemples et une limite de son application.
2. Des thèmes
Nous avons rassemblé ces définitions dans des thèmes qui correspondent aux différents domaines concernés par les Objectifs du Millénaire pour le Développement. Chaque thème est encadré par un article de fonds.
Notons que l'éducation, bien qu'elle soit une « condition indispensable sinon suffisante, du développement de l'individu et de la société » n’a pas fait l’objet d’un thème spécifique. En effet, par son importance et sa place transversale, elle ne peut pas être confinée dans un thème. Tous les domaines des OMD sont concernés par l’éducation, que ce soit l’économie, le savoir ou la santé. L’éducation est au cœur des stratégies de développement et la clé pour alléger la pauvreté.
Dans la présentation du sommaire des mots clés et techniques, nous expliquerons pourquoi le thème choisi est important pour les réformes.
3. Méthodologie
Méthodologie pour suivre et évaluer les progrès économiques et sociaux réalisés dans les 50 pays PMA à partir de 50 indicateurs.
4. Lexique
Un lexique anglais-français se trouve à la fin de l’ouvrage.
Il devrait faciliter la compréhension des textes en anglais qui représentent plus de 65 % de la littérature économique.
Comité de rédaction
Un comité de rédaction s’est réuni régulièrement et a eu pour rôle :
- d’orienter le contenu du Dictionnaire et de l’ajuster au fur et à mesure des besoins manifestés par les acteurs du développement ;
- de faire la synthèse des différentes réunions et de sélectionner les termes appropriés ;
- d’orienter la recherche bibliographique ;
- de suivre les travaux et de mettre au point les textes définitifs.
Avant sa publication, le DICORES a été testé auprès des utilisateurs potentiels afin d'évaluer son efficacité. Cela nous a permis d'apporter des améliorations et d’être ainsi au plus près des préoccupations des acteurs de développement des PMA.
Les pays les moins avancés (PMA) étaient, à l'origine de la catégorie, au nombre de 24. Ils sont actuellement 50, dont 34 en Afrique, avec une population totale de 700 millions d'habitants, soit plus de 10 % de la population mondiale. Plus de la moitié de cette population vit avec moins d'un dollar par jour.
La liste des PMA est révisée tous les trois ans par le Conseil Économique et Social des Nations Unies, au vu des recommandations du Comité pour les Politiques de Développement (CPD).
En instituant cette catégorie, l'ONU reconnaissait que ces pays étaient confrontés à des obstacles particulièrement sévères, notamment pour plus de la moitié d'entre eux, des obstacles liés à l'enclavement ou à l'insularité. L'Organisation reconnaissait aussi que les désavantages dont souffraient les PMA ne pourraient être surmontés que par la mise en œuvre de réformes structurelles, avec un appui exceptionnel de la communauté internationale.
Les objectifs initiaux de ces réformes et les modalités d'un traitement spécial des PMA furent définis ou envisagés par la CNUCED, qui fut l'organisatrice de trois conférences des Nations Unies sur les Pays les Moins Avancés (Paris 1981, Paris 1990, Bruxelles 2001).
Un pays ne peut être ajouté à la liste des PMA que s'il satisfait aux trois critères suivants (déterminés par le CPD), et si sa population ne dépasse pas 75 millions d'habitants :
-
Faible revenu
Ce critère est utilisé sur la base du revenu national brut (RNB) par habitant, calculé en moyenne sur les trois dernières années pour lesquelles des statistiques internationales sont disponibles.
En 2003, le seuil d'entrée dans la catégorie (en dessous duquel un pays est considéré comme admissible) était de 750 dollars des États-Unis. Le seuil de sortie, c'est-à-dire le niveau de RNB au-dessus duquel un pays pouvait être appelé à sortir de la catégorie, était de 930 dollars.
Le RNB moyen des PMA était de 438 dollars en 2002, alors qu'il était de 2 848 dollars dans les autres pays en développement. -
Retard dans le développement du capital humain
Ce critère est basé sur un indice de capital humain (Human Assets Index) construit comme une moyenne simple des quatre indicateurs suivants :- Apport journalier en calories par habitant en pourcentage des besoins ;
- Taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans ;
- Taux de scolarisation dans l'enseignement secondaire ;
- Taux d'alphabétisation des adultes.
-
Vulnérabilité économique
Ce critère est basé sur un indice de vulnérabilité économique (Economic Vulnerability Index), calculé comme une moyenne simple des cinq indicateurs suivants :- Indice d'instabilité de la production agricole ;
- Indice d'instabilité des exportations de biens et services ;
- Part des activités économiques non-traditionnelles (production manufacturière et services modernes) dans le PIB ;
- Indice de concentration des exportations de marchandises ;
- Logarithme de la population (taille de l'économie).
Ces trois critères sont utilisés soit comme critères d'entrée, soit comme critères de sortie, selon les seuils auxquels on se réfère. Pour être théoriquement appelé à sortir de la catégorie PMA, un pays doit satisfaire au moins deux des trois critères de sortie.
Parmi les autres caractéristiques des PMA constituant des obstacles endémiques au développement, on peut citer leur endettement insoutenable qui, sans un aménagement préférentiel, ne peut généralement pas être supporté par les exportations et la croissance. L'endettement est considéré comme supportable lorsque le ratio de la valeur actuelle nette de la dette par rapport aux exportations est inférieur à 150 %.
Classement des PMA
Cela nous permet de classer les PMA comme suit :
| Endettement viable | Endettement non-viable |
|---|---|
| Exportateurs de produits primaires hors pétrole | Exportateurs de produits primaires hors pétrole |
| Tanzanie (96) | Bénin (242) |
| Bhoutan (170) | |
| Burkina Faso (294) | |
| Burundi (1208) | |
| Éthiopie (299) | |
| Érythrée (192) | |
| Guinée (221) | |
| Guinée-Bissau (5.68) | |
| Malawi (328) | |
| Mali (193) | |
| Mauritanie (370) | |
| Niger (317) | |
| Ouganda (175) | |
| République centrafricaine (443) | |
| République Démocratique du Congo (1207) | |
| Rwanda (434) | |
| Sao Tomé-et-Principe (584) | |
| Sierra Leone (701) | |
| Somalie (2534) | |
| Soudan (417) | |
| Tchad (272) | |
| Togo (247) | |
| Zambie (483) | |
| Exportateurs de pétrole | |
| Angola (123) | Guinée équatoriale (14) |
| Yémen (95) | |
| Exportateurs d'articles manufacturés et/ou de services | Exportateurs d'articles manufacturés et/ou de services |
| Bangladesh (145) | Cap-Vert (164) |
| Cambodge (131) | Comores (542) |
| Djibouti (72) | Haïti (169) |
| Gambie (128) | Lesotho (164) |
| Maldives (32) | Madagascar (163) |
| Mozambique (146) | Myanmar (248) |
| Népal (124) | République Démocratique Populaire Laos (209) |
| Salomon (113) | Samoa (184) |
| Vanuatu (37) | Sénégal (177) |
Note : Le tableau initial a été élaboré par la CNUCED sur la base des données de l’année 2000 pour la valeur actuelle nette de la dette, et de la période 1998-2000 pour les exportations annuelles moyennes. Nous avons actualisé les situations sur la base des données 2001 pour la valeur actuelle nette de la dette, et de la période 2000-2001 pour les exportations annuelles moyennes de biens et de services.
L’évolution est exprimée comme suit :
- en noir souligné : les pays en évolution positive qui sont passés de la situation d’un endettement non viable à un endettement viable.
- en noir : les pays qui ont connu une évolution positive, sans changer de catégorie.
- en rouge souligné : les pays qui ont connu une évolution négative et sont passés d'une situation d’endettement viable à l’endettement non viable.
- en rouge : les pays qui ont connu une évolution lente mais négative.
- en noir suivi d’un // : pays ayant connu une stagnation, ou parce que les données de l'année de référence ne sont pas disponibles.
Tous ces facteurs se traduisent par une grande difficulté, pour la plupart de ces pays, à jouir d’un développement durable, de nature à assurer pour tous une qualité de vie satisfaisante. La plupart des PMA se trouvent en fait pris dans l’engrenage de la pauvreté, qui freine les initiatives en faveur d’un développement soutenu.
En effet, les difficultés génèrent d’autres difficultés. Certains pays ont connu des « situations d’urgence complexes » telles que la famine ou les mouvements massifs de réfugiés provoqués par des conflits internes. Ce cumul des problèmes affaiblit la capacité des pays à desserrer les contraintes qui pèsent.
Sur leur contexte de développement. Affaiblis, les États ne sont pas en mesure d’assumer les rôles qui leur sont dévolus, notamment de garantir la sécurité des personnes et des biens, et de fournir à la population des biens et services de première nécessité comme dans les secteurs de la santé et de l'éducation. Faciliter l’accès à l’eau potable et aux infrastructures de base et créer des conditions économiques et juridiques propices au développement sont des objectifs-clés de ces pays.
Malgré ces difficultés, de nombreux PMA peuvent profiter des forces de la mondialisation, notamment grâce à leurs ressources naturelles (y compris certains minerais rares), ainsi qu’à leur richesse culturelle et à la beauté de leur environnement, atouts qui permettent le développement d’activités liées au tourisme international.
| Afghanistan | Djibouti | Malawi | Sénégal |
| Angola | Érythrée | Mali | Sierra Leone |
| Bangladesh | Éthiopie | Maldives | Somalie |
| Bénin | Gambie | Mauritanie | Soudan |
| Bhoutan | Guinée | Mozambique | Tanzanie |
| Burkina Faso | Kiribati | Myanmar | Tchad |
| Burundi | Guinée Bissau | Népal | Timor Oriental |
| Cambodge | Guinée Équatoriale | Niger | Togo |
| Cap-Vert | Haïti | Ouganda | Tuvalu |
| Centrafrique | Laos (Rép. démoc. du) | Rwanda | Vanuatu |
| Comores | Lesotho | Salomon (Îles) | Yémen |
| Congo (Rép. démoc.) | Libéria | Samoa | Zambie |
| Madagascar | Sao Tomé et Principe |
La marginalisation des PMA face à la mondialisation
Le processus de mondialisation, en cours, conduit à une intégration des systèmes productifs, des marchés financiers, des flux commerciaux et informationnels. Il favorise, dans l'ensemble, la croissance des pays émergents. Or, les PMA demeurent largement à l'écart de cette nouvelle dynamique mondiale. Ils sont pris dans des trappes à pauvreté conduisant à une relative marginalisation et à une divergence vis-à-vis des pays émergents. On note toutefois des réformes en cours et des évolutions que traduit, par exemple, l'initiative « Le nouveau partenariat pour le développement en Afrique ». La question demeure de savoir dans quelle mesure les PMA sauront relever les nombreux défis (démographiques, environnementaux, technologiques). Comment pourront-ils s'intégrer positivement dans l'économie mondiale et conforter leur développement durable ? Quelles réformes sont nécessaires ?
Nous différencierons la marginalisation économique passée et les trappes à pauvreté, les dynamiques et les réformes en cours.
La marginalisation économique des PMA et les trappes à pauvreté
Trois critères sont utilisés pour définir l’appartenance à la catégorie de PMA : un PNB par tête inférieur à 900 $, un indicateur composite social proche de l'IDH et un indicateur composite économique. En revanche, la vulnérabilité, le poids des chocs et la faible résilience ne sont pas retenus comme critères. L’appartenance à la catégorie de PMA permet d’accéder à des avantages en termes d’allègement de la dette ou en termes de commerce (cf. l’initiative de l’Union européenne en 2001 : « tout sauf les armes »).
Durant les années quatre-vingt dix, l’ensemble des PMA a connu une croissance du revenu par tête de >0,9 % contre 3,6 % pour les pays en développement et -0,4 % pour les PMA d’Afrique.
En 2003, sur 50 PMA, 34 appartenaient à l’Afrique sub-saharienne, soit 350 millions d’habitants sur 614 millions. 47 % de la population d’Afrique vit en deçà du seuil de pauvreté. On a observé depuis 1971 un doublement du nombre de pays les moins avancés. Ils sont passés de 25 à 49 en 2001, et de 49 à 50 en 2003. Vue à travers des lunettes grossissantes, l’Afrique sub-saharienne, qui regroupe environ 700 millions d’habitants pour 50 États, est économiquement le sous-continent le moins développé du monde. Elle représente, pour 10 % de la population mondiale, 1 % du PIB (370 milliards de dollars dont 150 pour la seule Afrique du Sud), 1,3 % des exportations et moins de 1 % de la valeur ajoutée industrielle mondiale.
Une stagnation économique de longue période
L’expansion du PIB réel est passée de 4,6 % par an durant les années 60 à 3,0 % durant les années 70, et à 2,1 % durant les années 80 et à 2,5 % durant les années 90.
Les indicateurs du développement humain utilisés par le PNUD situent les PMA au niveau le plus pauvre du monde. L’indicateur de développement humain s’était fortement amélioré après les indépendances, mais l’on note un ralentissement de la progression depuis les années 80. Ainsi, l’espérance de vie en Afrique est passée d’une moyenne de 43 ans (1965) à 50 ans (1982) et à 49 ans (1998). Les inscriptions scolaires ont stagné ou diminué dans de nombreux pays au cours des 10 dernières années.
Une marginalisation extérieure
Les PMA se marginalisent tant au niveau des flux commerciaux, des flux technologiques que financiers et elle aboutit à une « déconnexion subie ». Quarante ans après les indépendances, la part des produits primaires dans les exportations est restée autour de 90 %. Le revenu moyen des PMA représentait, il y a trente ans, 14 % du revenu des pays développés, contre 7 % aujourd’hui.
Dans un contexte d’endettement permanent, l’aide, au lieu de constituer une transfusion provisoire, est devenue une perfusion permanente permettant aux États d’assurer le minimum de fonctions régaliennes.
Un système financier défaillant
Les dysfonctionnements du système financier résultent, à la fois, de l’ampleur des déficits publics, du poids des créances douteuses, des difficultés liées à la crise productive et d’une inadaptation des institutions financières...
Il existe un certain discours standard quant à l'origine de la crise économique et financière interne ainsi que de la dette extérieure des pays sous ajustements. La crise économique et financière a conduit à (ou a révélé) l'épuisement du modèle étatique. Les États ont rarement joué leur rôle de facilitateur du développement.
La dette extérieure a eu un impact négatif sur la dette interne. Les entreprises publiques ont été caractérisées par des contraintes budgétaires relâchées, de faibles incitations pour les agents, ou des déficits générateurs d'endettement et d'effets d'éviction vis-à-vis des entreprises privées. Les agents liés aux appareils dÉtat ont souvent créé des rentes, obstacles à la croissance.
Les déséquilibres financiers sont interprétés comme des distorsions résultant d'un excès de demande par rapport à l'offre, et des prix administrés créant des distorsions sur les marchés. L'environnement international a pu accentuer ces déséquilibres, mais la cause première réside dans la mise en place de politiques économiques inadéquates : surévaluation du taux de change, biais anti-exportation.
Ainsi, depuis le début des années 80, les économies des PMA sont entrées dans une profonde crise économique et financière. Les déficits financiers internes et les déséquilibres des balances des paiements sont devenus insoutenables.
Les PMA se caractérisent par des structures inadéquates : manque d'infrastructures, marchés rudimentaires, secteurs industriels embryonnaires, faiblesse de l'environnement institutionnel et mauvaise gestion des secteurs publics et privés. Ils demeurent des économies de rente où l'enrichissement résulte de prélèvements davantage que de création de richesses, et se marginalisent au niveau international. Les logiques redistributives l'emportent sur les logiques productives.
Les PMA doivent gérer le passif de la dette tout en répondant aux défis démographiques et urbains. L'explosion scolaire aurait dû déboucher sur la formation de compétences utilisables par le système productif. Les PMA sont généralement caractérisés par une fragilité de leur écosystème et une vulnérabilité face aux catastrophes, un rythme rapide de croissance démographique et d'urbanisation, ainsi que des défis liés aux différents volets du développement durable (environnement, démographique, économique et social).
Plusieurs facteurs expliquent le blocage de l'accumulation. Les PMA sont restés largement des économies de rente, spécialisées dans des produits agricoles, miniers et pétroliers. On constate un faible taux d'investissement, et surtout une mauvaise utilisation du capital. Le modèle d'exportation de produits de base et de substitution des importations n
Millennium Development Goals - MDG
Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ont été approuvés par les 191 États membres de l’Organisation des Nations Unies, et réaffirmés par les Chefs d'État et de Gouvernement du G8.
Les objectifs énoncent huit grands axes d'actions assortis d'une échéance pour 2015. Parmi eux, la lutte contre la pauvreté se trouve au centre de la prise de décisions, tant au niveau national que dans les coopérations internationales. Les progrès réalisés sont définis sur la base des niveaux de 1990. Ils portent sur le renouvellement de l'environnement, le développement humain et le partenariat mondial pour le développement.
Objectif 1 : Réduire l’extrême pauvreté et la faim
- Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la fraction de la population dont le revenu est inférieur à 1 dollar par jour ;
- Réduire de moitié entre 1990 et 2015, la fraction de la population qui souffre de la faim.
Objectif 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous
D'ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires.
Objectif 3 : Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes
Éliminer les disparités dans les enseignements primaire et secondaire si possible d’ici 2015 et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard.
Objectif 4 : Réduire la mortalité infantile
Réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans.
Objectif 5 : Améliorer la santé maternelle
Réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle.
Objectif 6 : Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies
- D'ici 2015, avoir stoppé la propagation du VIH/SIDA et commencé à inverser la tendance actuelle ;
- D'ici 2015, avoir maîtrisé le paludisme et d'autres grandes maladies, et avoir commencé à inverser la tendance actuelle.
Objectif 7 : Assurer un environnement durable
- Intégrer les principes du développement durable dans les politiques nationales et inverser la tendance actuelle à la déperdition des ressources environnementales ;
- Réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n'a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau de boisson salubre ;
- Améliorer sensiblement la vie d'au moins 100 millions d'habitants des taudis, d'ici à 2020.
Objectif 8 : Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
- Poursuivre la mise en place d’un système commercial et financier multilatéral ouvert, fondé sur des règles, prévisibles et non discriminatoires. Cela suppose un engagement en faveur d'une bonne gouvernance, du développement et de la lutte contre la pauvreté au niveau tant national qu’international ;
- S’attaquer aux besoins particuliers des Pays les Moins Avancés. La réalisation de cet objectif suppose l’admission en franchise et hors contingents des produits exportés par les Pays les Moins Avancés, l'application du programme renforcé d'allégement de la dette des PPTE et l’annulation des dettes bilatérales envers les créanciers officiels, ainsi que l'octroi d’une APD plus généreuse aux pays qui démontrent leur volonté de lutter contre la pauvreté ;
- Répondre aux besoins particuliers en développement des États enclavés et des petits États insulaires (en appliquant le Programme d’Action pour le Développement durable des petits États insulaires et les conclusions de la vingt-deuxième session extraordinaire de l’Assemblée générale).
Titre : Guide Technologies Industrielles Appropriées AGRO-ALIMENTAIRE
Auteurs : Sous la direction de Jean-Loup ROUYER et Marius RABETSIMAMANGA
Éditeur : GESTE (Groupe d’Échanges Scientifiques et Technologiques)
Partenaires : ACCT, UNESCO, ONUDI
Édition : Première parution en 2 volumes (Agroalimentaire, Production autonome d’énergie)
Le Guide des Technologies Industrielles Appropriées AGRO-ALIMENTAIRE est né d’une demande exprimée par les opérateurs industriels, publics et privés, des pays en développement (PED), en quête de technologies adaptées à leurs réalités économiques et sociales. Conçu comme un outil d’aide à la décision, ce guide vise à favoriser une coopération Nord-Sud plus efficace, notamment entre PME/PMI, en permettant un transfert de savoir-faire et d’équipements issus des avancées scientifiques françaises.
Le guide s’inscrit dans une nouvelle approche du partenariat industriel, fondée sur la confiance, la connaissance mutuelle des besoins et des ressources, et la recherche de bénéfices communs dans une logique de co-développement. Il recense et présente des technologies agroalimentaires et énergétiques appropriées aux contextes des PED, tout en considérant la technologie comme un élément dynamique indissociable de son environnement socio-économique.
En rassemblant des informations fiables et accessibles, le guide entend renforcer la maîtrise industrielle des pays bénéficiaires et contribuer à la création d’entreprises locales performantes, répondant aux défis de la sécurité alimentaire, de la transformation locale des ressources et du développement durable.
Jean-Loup ROUYER
Président du GESTE
Marius RABETSIMAMANGA
Délégué général du GESTE
Voici un GUIDE DE TECHNOLOGIES INDUSTRIELLES APPROPRIÉES.
Il est né du besoin réel manifesté par des opérateurs industriels tant privés que publics, rencontrés au cours de déplacements en Afrique, en Amérique latine, en Asie et de séminaires organisés en France.
Selon les informations recueillies :
Certains pays industrialisés, en particulier la France, disposent d'un savoir-faire et d'équipements adaptables aux données économiques et sociales des pays en développement (PED). Par ailleurs, il existe dans ces pays des besoins réels en technologies non satisfaits. Or, mis à part les principaux exportateurs, des PME/PMI qui disposent de technologies adaptables n'ont pas accès à ces marchés, faute de moyens pour se faire connaître à l'étranger. Quant aux PED, il leur manque des informations fiables et accessibles pour bénéficier de ces technologies. Le GUIDE veut contribuer à répondre à cette demande.
Depuis un certain temps, il existe partout, et en particulier en France, un élan pour créer une nouvelle forme de coopération Nord-Sud basée sur le principe du partenariat entre PME/PMI. Cette perspective nécessite l'instauration d'un climat de confiance entre partenaires, qui passera par une bonne connaissance préalable et réciproque des deux parties, notamment des :
- besoins à satisfaire ;
- ressources disponibles et mobilisables, dont les technologies ;
- avantages que chaque partenaire peut retirer de l'action de coopération (co-développement) ;
- modalités de mise en rapport des ressources avec les besoins.
Ce guide s'insère dans cette nouvelle approche de la coopération Nord-Sud.
Le Guide TECHNOLOGIES INDUSTRIELLES APPROPRIÉES a été initié par le GROUPE D'ÉCHANGES SCIENTIFIQUES ET TECHNOLOGIQUES (GESTE), lequel a pour vocation le transfert des technologies avancées vers les PME/PMI des PED. C'est un centre d'innovation industrielle qui agit par la valorisation des connaissances scientifiques, techniques et économiques disponibles pour mieux répondre aux demandes spécifiques des PED. GESTE est également un réseau d'acteurs français et étrangers (organismes, ingénieurs, industriels, cadres de toutes disciplines, spécialistes des techniques industrielles orientées vers la coopération avec les PED). Cet ensemble d'acteurs motivés a réalisé le guide, avec le soutien et l'encouragement des organisations nationales et internationales (ACCT - UNESCO - ONUDI).
Le Guide TECHNOLOGIES INDUSTRIELLES APPROPRIÉES paraîtra, dans une première édition, en 2 volumes :
- L'agro-alimentaire,
- La production autonome d'énergie.
Trois autres volumes sont en préparation :
- Matériaux de construction et unités de production,
- Technologies propres et appropriées,
- La robotique.
Le guide rassemble des informations sur des techniques issues des progrès scientifiques et disponibles sur le marché français. Nous sommes conscients que la technologie n'est pas une simple marchandise. Elle est liée au système socio-économique dont elle est issue. C'est un élément dynamique d'un système économique qu'on ne saurait réduire à une collection de procédés de fabrication et d'équipements.
Dans ce sens, le Guide a pour ambition de constituer un système d'aide à la décision pour arriver à une maîtrise industrielle. Il est à votre disposition.
Nous sommes heureux de vous le présenter, espérant avoir répondu à l'attente d'un grand nombre d'opérateurs industriels pour une coopération internationale plus efficace et plus adaptée.
Paul OKUMBA d'OKWATSEGUE
Secrétaire Général ACCT
Depuis toujours, l'agriculture et la valorisation des ressources naturelles de ses pays membres sont au cœur des programmes de coopération scientifique et technique de l'Agence de coopération culturelle et technique. Cette priorité a été réaffirmée ces dernières années lors des conférences tenues aux plus hauts niveaux (ministres de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, chefs d'État et de gouvernements).
Le développement de l'agriculture est étroitement lié à celui de l'agroalimentaire par des relations multiples et notamment par l'effet d'entraînement de la production de matières premières que suppose l'existence d'une industrie de transformation. Or, l'Afrique, continent auquel appartient la majorité des États membres de l'Agence, est le moins industrialisé ; il contribue à moins de 1 % de la production industrielle mondiale.
Conformément à sa vocation, l'Agence joue surtout un rôle dans la concertation internationale, le perfectionnement des ressources humaines et le transfert de technologie, c'est-à-dire de façon générale dans l'échange (de savoir et d'expérience) et le développement de la solidarité entre les éléments du monde francophone. Elle entend ainsi promouvoir le développement des capacités nationales pour un développement endogène.
C'est ainsi que l'Agence s'est associée au GESTE pour la réalisation d'un inventaire des technologies industrielles appropriées, concernant notamment le domaine de l'agroalimentaire.
Le sérieux avec lequel ce travail de recensement puis de sélection a été réalisé est garant de l'intérêt que le présent ouvrage ne saurait manquer de présenter pour tous ceux qui, dans nos pays membres, sont à la recherche d'une technologie pour la concrétisation de leurs projets agroalimentaires.
L'identification de technologies adaptées est un élément capital de la création d'entreprises et du développement national ; ces choix supposent également la capacité de maîtriser ces technologies, de les mettre en œuvre, de les entretenir, et éventuellement, par la suite, de mieux les adapter et d'innover. C'est un autre domaine auquel l'Agence attache un intérêt particulier.
Jacques MORDANT
Direction de la Coopération et des Échanges Ministère de l'Agriculture
Le secteur agricole représente une composante fondamentale de l'économie de la plupart des pays en développement, particulièrement en Afrique. On ne soulignera jamais assez l'importance de l'industrie agroalimentaire pour le développement agricole.
Le développement rapide de l'urbanisation en Afrique induit de profonds changements dans les habitudes alimentaires, à tel point que les productions vivrières locales, peu transformées, sont fortement concurrencées par les importations.
Pour les produits agricoles destinés à l'exportation, une meilleure transformation sur place est souvent la seule façon d'accroître la valeur ajoutée locale et d'éviter les contraintes liées aux fluctuations erratiques des prix sur les marchés mondiaux des produits agricoles de base.
L'expérience de la France est très probante à cet égard. Dès à présent, la valeur ajoutée des industries agroalimentaires y est supérieure à celle de la production agricole. Ce développement important n'a été possible que parce que les entreprises françaises ont su concevoir et développer des technologies adaptées.
Ce savoir-faire est à la disposition des pays en développement pour les aider à faire face à leur défi alimentaire. Je félicite donc l'association GESTE qui, malgré des moyens limités, a réalisé un travail considérable pour identifier les technologies françaises bien adaptées aux problèmes des pays en développement. Je suis persuadé que cet ouvrage sera très utile pour le développement des industries agroalimentaires de ces pays et pour l'accroissement de la coopération entre les entreprises.
Auteurs : Sous la coordination de Marius RABETSIMAMANGA
Éditeur : GESTE (Groupe d’Échanges Scientifiques et Technologiques)
Partenaires : ACCT, AFME, UNESCO
Édition : Première parution dédiée à la production d’énergie décentralisée
Le Guide des Technologies Industrielles Appropriées – Production autonome de l’énergie répond à la nécessité de lever la contrainte énergétique qui freine le développement des pays en développement (PED), en particulier dans les zones rurales et périurbaines dépourvues de réseaux centralisés. Conçu comme un outil d’orientation et de sélection de technologies, il propose une approche pratique pour identifier des solutions énergétiques adaptées aux réalités économiques et sociales des PED.
Ce guide s’appuie sur une sélection rigoureuse de techniques et de produits permettant de développer la production d’énergie autonome, en valorisant l’expérience et les savoir-faire français. Il se veut un support aux échanges entre utilisateurs et fournisseurs, dans un esprit de coopération internationale, et encourage la concertation directe entre acteurs pour garantir l’adéquation des solutions proposées.
En facilitant l’accès à des informations fiables et des contacts qualifiés, le guide vise à contribuer au développement endogène, à la lutte contre l’exode rural et à
Paul OKUMBA d'OKWATSEGUE
Secrétaire Général ACCT
L'énergie est l'un des facteurs clés du développement. Son importance est telle qu'elle a toujours figuré parmi les priorités de l'Agence de Coopération Culturelle et Technique, notamment en ce qui concerne ses applications en milieu rural. Les programmes de l'Agence dans ce domaine ont donc toujours revêtu un caractère éminemment stratégique.
Les récentes conférences des Chefs d'État et de Gouvernement des pays francophones ont souligné les problèmes cruciaux liés à l'énergie.
En effet, l'énergie conditionne non seulement le développement de tous les secteurs de l'économie et de la vie quotidienne (agriculture, industrie, éducation, distribution de l'eau), mais elle influence également de manière considérable l'orientation de ce développement.
La majorité des PED est actuellement durement confrontée à la contrainte énergétique et à un exode rural néfaste pour son économie. La production autonome d'énergie est l'un des moyens permettant de desserrer cette contrainte, que ce soit dans les zones rurales ou périurbaines.
Conformément à sa vocation, l'Agence joue surtout un rôle dans la concertation internationale (du niveau ministériel à celui des chercheurs et des agents du développement), le perfectionnement des ressources humaines et le transfert de technologies. Autrement dit, elle se concentre généralement sur l'échange de savoirs et d'expériences, ainsi que sur le développement de la solidarité au sein du monde francophone. Elle entend ainsi promouvoir le développement endogène.
C'est ainsi que l'Agence s'est associée au GESTE pour la réalisation d'un inventaire des technologies industrielles appropriées, particulièrement dans le domaine de la Production Autonome d'Énergie.
Ce document viendra utilement compléter les travaux réalisés dans le cadre du Guide de l'Énergie. Le sérieux avec lequel ce travail de recensement puis de sélection a été réalisé garantit l'intérêt que cet ouvrage ne manquera pas de susciter chez tous ceux qui, dans nos pays membres, recherchent une technologie pour concrétiser leurs projets énergétiques.
B. DEVlN
Délégué à l'Action Internationale
AFME
La production d'énergie décentralisée se caractérise par :
- Une grande diversité des technologies et des domaines d'applications.
- Une évolution rapide des concepts, des produits et de l'environnement industriel.
- Une certaine complexité en matière de choix d'équipements compte tenu de l'ensemble des contraintes à prendre en compte, surtout dans le contexte des zones isolées.
Élaborer un guide sur le sujet n'est donc pas chose facile.
GESTE propose une sélection de techniques et de produits susceptibles d'apporter un service dans les zones des pays en développement dépourvues d'infrastructures énergétiques.
L'ouvrage sera très utile pour une approche et des contacts préliminaires. Il facilitera les échanges entre les utilisateurs potentiels et les opérateurs.
Un guide ne peut éviter de remplacer le contact direct avec le praticien ou la visite du projet sur le terrain : dans le domaine de l'énergie décentralisée, plus qu'ailleurs, l'échange direct avec les intervenants eux-mêmes, et, lorsque c'est possible, la visite sur le terrain sont nécessaires.
La sélection des produits opérée n'engage que GESTE.
L'AFME a néanmoins jugé la réalisation de ce guide assez importante pour lui assurer son soutien, en mettant à la disposition de GESTE la masse d'informations collectée auprès des partenaires de l'AFME.
2,5 milliards d'individus, pour la plupart localisés dans des pays en développement, ne bénéficient pas de réseaux d'énergie centralisée. La production décentralisée d'énergie dans un contexte de développement mérite donc qu'on y consacre un peu de temps et quelques moyens.
Il faut remercier GESTE d'avoir participé à l'effort de diffusion d'idées et d'informations sur des produits qui, s'ils sont bien utilisés, seront précieux dans le développement de nombreux pays.
Président :
Paul MAÎTRE
Rapporteur :
Antoine CLAVÉ
Membres :
- Eugène BACCONNET
- Marc BOILLOT
- Laurent DARTOIS
- Yra DEMBHE
- Louis DROUOT
- Christian de GROMARD
- Henri LOISEAU
- Philippe MENANTEAU
- Philippe ROCHER
- Jean-Loup ROUYER
- Denis ROYER
- Michel ZAFFRAN
- Dupont
Titres et affiliations des membres :
- Paul MAÎTRE - Président de la Commission
- Antoine CLAVÉ - Rapporteur de la Commission
- Eugène BACCONNET - Professeur, INSTN - CEN/Saclay, Gif-sur-Yvette
- Marc BOILLOT - Ingénieur, GESTE, Créteil
- Laurent DARTOIS - Ingénieur, CEA/CEN, Saclay
- Yra DEMBHE - Ingénieur Chercheur, EDF-DEA, Chatou
- Louis DROUOT - Consultant, Cabinet L. DARTOIS, Arcueil
- Christian de GROMARD - Ingénieur, INSTN - CEN/Saclay, Gif-sur-Yvette
- Henri LOISEAU - Consultant, EUROPE-ÉNERGIE, Montrouge
- Philippe MENANTEAU - Chef Service Afrique, AFME, Paris
- Philippe ROCHER - Directeur, CNEH, Lannion
- Jean-Loup ROUYER - Ingénieur, CIRED, Paris
- Denis ROYER - Consultant, METROL, Paris
- Michel ZAFFRAN - Chef de l'UGB/CEA, Saclay, Gif-sur-Yvette
- Christian de GROMARD - Chef du Laboratoire Techniques Solaires Avancées, CEA - CEN/Cadarache, St-Paul-Lez-Durance
- Henri LOISEAU - Ingénieur, Cellule Énergie, GRET, Paris
Ce document a été réalisé avec le soutien de :
- l'Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT) ;
- l'Agence Française pour la Maîtrise de l'Énergie (AFME) ;
- l'Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture (UNESCO).
Titre : Guide de savoir-faire et Technologies Industrielles Appropriées – EAU-WATER
Auteurs : Sous la direction d’E.M. GUITON, Jean-Loup ROUYER et Marius RABETSIMAMANGA
Éditeur : GESTE (Groupe d’Échanges Scientifiques et Technologiques)
Partenaires : ACCT, PNUE/CAP IE
Édition : Volume EAU de la collection, après ceux sur la Production autonome d’énergie et l’Agroalimentaire
Le Guide EAU-WATER s’inscrit dans la collection des Guides de savoir-faire et technologies industrielles appropriées, née de la volonté de rapprocher les Pays Industrialisés, détenteurs de technologies, et les Pays en développement, aux besoins technologiques pressants. Ce volume répond à l’impératif de concilier la satisfaction des besoins en eau et la préservation de cette ressource vitale, dans un contexte mondial marqué par des inégalités d’accès et une pression croissante sur l’environnement.
Fruit d’une collaboration internationale mobilisant experts, industriels, bureaux d’études et chercheurs, le guide rassemble des solutions techniques pour améliorer l’accès à l’eau potable, promouvoir une gestion durable de la ressource et prévenir la pollution. Il s’inscrit dans la dynamique du Sommet de la Terre (Rio, 1992) et du plan d’action francophone pour un développement durable.
Le guide ambitionne de contribuer au transfert de technologies et de savoir-faire dans l’espace francophone et au-delà, en fournissant aux décideurs et aux acteurs du développement les informations et outils nécessaires pour concilier développement économique et préservation des ressources hydriques, essentielles à la vie et à la croissance durable.
E. M. GUITON
Président
Jean-Loup ROUYER
Coordinateur Scientifique et Technique
Marius RABETSIMAMANGA
Administrateur Délégué
Nous avons le plaisir de vous présenter le volume EAU de la collection GUIDE DE SAVOIR-FAIRE ET TECHNOLOGIES INDUSTRIELLES APPROPRIÉES, les deux premiers ayant porté sur la Production Autonome de l'Énergie et sur l'Agro-alimentaire.
Cette collection part du constat qu'il existe, d'un côté, des Pays Industrialisés disposant des technologies et, de l'autre, des Pays du Sud et de l'Est qui ont d'importants besoins technologiques à satisfaire. La diffusion des informations des uns vers les autres, et inversement, constitue un facteur de rapprochement et une opportunité de rassemblement des énergies pour un développement d'ensemble.
La maîtrise des impacts environnementaux de l'activité humaine appelle à la même solidarité internationale, d'où le Sommet de la PLANÈTE TERRE (Rio de Janeiro - Juin 1992). Ces enjeux doivent être appréhendés de plus en plus à l'échelle planétaire.
Cette approche rejoint le concept de co-développement qui a été un axe moteur des activités de GESTE. Ce co-développement, qui pourrait susciter une utilisation convenable du potentiel technologique mondial, suppose un changement de comportement de la part des acteurs du Nord comme du Sud, allant vers une approche globale des interactions économiques.
L'eau occupe une place primordiale dans l'interrelation Environnement - Développement - Technologie, étant concernée à la fois par les prélèvements et par les rejets dans la nature. Ce GUIDE répond à l'impératif de concilier la satisfaction des besoins et la préservation des disponibilités d'eau. Sa réalisation a mobilisé, outre le réseau GESTE, des industriels, bureaux d'études, associations professionnelles, experts d'organismes nationaux, régionaux et internationaux, et chercheurs. Elle traduit bien la vocation de GESTE d'assurer l'association d'une diversité de compétences nécessaires au transfert de technologies.
Nous tenons à remercier tous ceux qui, par leur contribution efficace, ont permis la réalisation de ce GUIDE. Ce volume EAU sera suivi par un volume DÉCHETS.
Jean Louis ROY
Secrétaire Général ACCT
Cette fin de millénaire voit s'exprimer fortement le besoin d'une solidarité internationale face aux défis que représente l'intégration de contraintes environnementales dans les politiques de développement.
La décennie internationale de l'eau et de l'assainissement (1981-1990) a montré que plus d'un milliard de personnes n'ont toujours pas accès à l'eau potable et que près de 2 milliards n'ont pas accès à des installations sanitaires de base.
Il s'agit là d'un problème de première urgence, à la résolution duquel le transfert des technologies industrielles peut apporter une solution éventuelle.
Pour faire face à ce défi, la Conférence des Chefs d'État et de Gouvernement des pays ayant en commun l'usage du français a chargé l'Agence de Coopération Culturelle et Technique d'intégrer la préservation de l'environnement à sa vocation d'ouvrer pour une coopération multilatérale Nord/Sud. Cette orientation a été précisée lors de la Conférence des Ministres de l'Environnement (Tunis, avril 1991). Celle-ci a adopté un plan d'action quinquennal qui doit permettre à la coopération francophone de mettre en œuvre des actions concrètes de partenariat pour un développement durable, notamment dans le domaine de l'eau.
L'eau est, en effet, un bien de première nécessité dont la préservation s'avère vitale pour notre planète, aussi bien en tant que milieu vivant qu'en tant que bien de consommation et facteur de production.
Ce guide matérialise la contribution des acteurs francophones à cette démarche ; il porte témoignage de l'engagement de nos pays membres pour le développement durable, car il favorisera les transferts des savoir-faire et des technologies liés à l'eau à l'intérieur de l'espace francophone.
L'ACCT se félicite d'être associée à la réalisation de ce guide. Je suis heureux de vous le présenter et je veillerai à sa large diffusion à travers notre réseau de partenaires engagés dans la lutte pour le développement.
Jacqueline ALOISI de LARDEREL
Directeur du PNUE/CAP IE
L'eau, ressource naturelle unique et indispensable à la survie de l'humanité, est aujourd'hui menacée. Le développement des activités humaines, notamment l'agriculture et l'industrie, a entraîné une consommation accrue de cette ressource, accompagnée d'une pollution organique et chimique croissante des eaux de surface et des nappes souterraines.
Économiser les ressources en eau grâce à de meilleures pratiques de gestion et prévenir les pollutions à la source par la mise en œuvre de technologies propres doivent être les deux objectifs prioritaires des actions à entreprendre.
Il n'en reste pas moins essentiel que le traitement des pollutions résiduelles soit également assuré afin de prévenir les atteintes à l'homme et à l'environnement.
C'est pourquoi le Département Industrie et Environnement du PNUE, dont la mission est de promouvoir la prise en compte des critères environnementaux dans le développement et de faciliter l'échange d'informations dans ce domaine, félicite GESTE pour avoir pris l'initiative d'un « guide de savoir-faire et de technologies industrielles appropriées » dans le domaine de l'environnement.
Je suis convaincue que ce « volume EAU » fournira aux décideurs gouvernementaux et industriels les informations nécessaires pour prendre des décisions qui concilient « Environnement et Développement ». Comme l'a écrit le Dr TOLBA, Directeur Exécutif du PNUE, le développement est voué à l'échec s'il ne repose pas sur des bases écologiques solides.